ALGÉRIE
26/08/2015 05h:16 CET

Après un été chaud, promesses d'une rentrée scolaire "tranquille" pour Nouria Benghebrit

benghebrit

La "tradition" des rentrées scolaires mouvementées sera-t-elle évitée cette année ? La ministre de l’éducation nationale, Nouria Benghebrit, a en tout cas pris les devants pour se garantir une "rentrée calme" en rencontrant les syndicats auxquels elle a annonce des "mesures".

De calme, la ministre en a bien besoin après un été particulièrement chaud avec la furieuse polémique sur l'utilisation de la darija (dialecte) dans le préscolaire et les deux premières années du primaire.

Un thème qui a réveillé les vieilles polarisations plaçant Nouria Benghebrit, selon les points de vue, dans le statut "héroïne" ou de "bête noire".

Après des semaines de polémique, Abdelmalek Sellal a renvoyé de facto tout le monde dos à dos en minimisant l'importance des recommandations sur l'usage des langues maternelles issues de la conférence de l'éducation nationale.

Abdelmalek Sellal a en effet appelé de Constantine à "ne pas faire l'amalgame entre les propositions avancées par une commission de pédagogues et d'enseignants et les décisions de l'Etat algérien dans le cadre de la poursuite de la réforme du système éducatif".

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Les propositions issues de la conférence "feront l'objet d'un examen minutieux afin d'en tirer les meilleurs avantages au profit de la communauté éducative" avait-il ajouté. Le message était clair: les propositions en question n'engagent pas le gouvernement et ne seront donc pas appliquées sans son aval.

"Recadrée" par Abdelmalek Sellal

Les médias qui ont soutenu Benghebrit, essentiellement francophones, ont choisi d'y voir un "soutien" de Sellal à Benghebrit en omettant le fait qu'il réaffirmait d'abord la prééminence du gouvernement sur les avis des experts.

L'idée avancée à l'issue de la conférence de l'éducation d'une entrée en application de cette recommandation dès la prochaine rentrée scolaire était de fait invalidée. Ce n'était pas un "désaveu" franc à l'égard de Nouria Benghebrit, mais le recadrage était bien net sur la question de l'usage de la darija (dialecte).

Pour beaucoup d’enseignants, la recommandation des experts était inutile, les enseignants utilisant déjà dans leur pratique, la darija quand cela s’avère nécessaire même dans les classes supérieures.

Le "soldat Benghebrit" n'était pas perdu dans la campagne mais il était clairement appelé à jouer à rentrer dans le rang et à ne pas faire d'annonces dans ce domaine sans l'aval du gouvernement.

Sellal, une fois n'est pas coutume, a réussi à "satisfaire" tout le monde. Les partisans de Benghebrit qui, sur la base d'une mystérieuse rumeur sur sa démission qu'elle a démentie sur les réseaux sociaux, se félicitent de la voir toujours en place aux commandes.

Il rassure aussi les adversaires de Benghebrit qui, à défaut d'être démise de ses fonctions comme certains d'entre eux le voulait, se félicite du fait que les recommandations des experts ne sont pas des "décisions de l'Etat".

Le feuilleton de l’été

Abdelmalek Sellal a pratiquement mis fin à ce mystérieux feuilleton de l’été sur les dialectes même si la polémique perdure en basse intensité dans les journaux. Un apaisement dont le soldat Benghebrit avait bien besoin.

Et qui semble désormais se prolonger avec l’engagement pris, hier, par plusieurs syndicats de l’éducation nationale après une rencontre avec Mme Benghebrit, d’assurer une rentrée scolaire dans le "calme", la ministre s’engageant de son côté " à satisfaire" leurs "principales revendications. "

Selon le coordinateur du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l'Education (CNAPESTE), M. Nouar Larbi, la ministre a présenté une série de mesures pour la prochaine rentrée scolaires et a demandé aux syndicats de garantir "le calme".

Benghebrit s’est engagée à satisfaire plusieurs revendications dont l’organisation d’un concours à la rentrée pour la "promotion de 45.000 enseignants dans les trois cycles de l'Education (primaire, moyen et secondaire) et la promotion "systématique" aux nouveaux grades pour garantir la promotion aux enseignants "menacés de disparition".

D’autres points qui n’ont pas été évoqués au cours de la rencontre le seront dans d’autres rencontres qui seront organisées à partir de la mi-octobre. "Les principales revendications sont ajournées", a déclaré le secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs de l'éducation (FNTE) Ferhat Chabekh.

Après un été "chaud", Nouria Benghebrit a la promesse d’un automne "calme". Mais les feuilletons peuvent faire des prolongations et avoir des suites…

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