MAGHREB
25/08/2015 14h:05 CET | Actualisé 25/08/2015 17h:47 CET

Tunisie: La nomination des nouveaux gouverneurs critiquée par des dirigeants de la coalition au pouvoir

Radhouane Ayara, nouveau gouverneur du Kef et ancien secrétaire général du RCD en Allemagne
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Radhouane Ayara, nouveau gouverneur du Kef et ancien secrétaire général du RCD en Allemagne

POLITIQUE - Intervenant le 21 août dernier sur Mosaïque FM, Mondher Belhaj Ali, député Nida Tounes, ne cessait de répéter que les nominations prochaines de gouverneurs se feront sans esprit partisan et prendront compte essentiellement du critère de compétence.

Dans le cas contraire "ce serait une désinvolture envers l'Etat", disait-il.

Mais lorsque le chef du gouvernement Habib Essid a procédé le 22 aout à la nomination de 11 nouveaux gouverneurs et à la permutation de 3 d’entre eux, des dirigeants d'Ennahdha et d'Afek Tounes, deux partis membres de la coalition au pouvoir, ainsi que des dirigeants de Nida Tounes, vainqueur aux législatives, n'ont pas hésité à critiquer les choix de cet important mouvement administratif.

"Les critères nous ont surpris (...) Nous avons proposé des noms selon les critères de l'âge, de la présence féminine... qui n'ont pas été retenus", a affirmé Bochra Belhaj Hamida, députée Nida Tounes, sur Mosaïque FM.

Regrettant l'absence de débat entre le gouvernement et les dirigeants de son parti sur cette question, elle a appelé Habib Essid à faire preuve dorénavant "de plus de clarté et de transparence".

Ennahdha de son côté a tardé à livrer son communiqué officiel, malgré la polémique brûlante sur le passé RCD du nouveau gouverneur du Kef.

"Nous sommes en train de préparer notre position face à ce mouvement (...) Et nous relèverons quelques points négatifs", a déclaré lundi le vice-président de l'Assemblée, Abdelfatah Mourou, qui précise bien que son parti n'a pas été consulté dans les concertations.

Un autre élu du parti islamiste, Abdellatif Mekki, a exprimé des réserves envers certains gouverneurs en rapport avec "la mauvaise expérience de Ben Ali".

"Si les choses négatives s'accumulent, elle peuvent influer (sur la relation entre Nida Tounes et Ennahdha)", a-t-il suggéré.

Il faut dire que la neutralité de l'administration tunisienne après la révolution a été une question sensible et génératrice de tensions politiques, depuis que la troïka au pouvoir en 2011 (dominée par Ennahdha) avait procédé à de nombreuses nominations décrites par l'opposition de l'époque comme "partisanes".

Et ce n'est pas la première fois que de telles nominations créent des remous au sein de la coalition au pouvoir. En avril dernier, Afek Tounes avait déploré "un manque de concertation et de méthodologie" après la nomination de six nouveaux gouverneurs.

A présent, le parti du ministre du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale Yassine Brahim, moins virulent, exprime ses "réserves préliminaires" concernant quelques noms dont le CV ne correspond pas à ses propres critères, c'est-à-dire "la compétence politique, l'énergie des jeunes et de la femme".

"Notre jugement final se fera à travers leur rendement", conclut le parti dans un communiqué.

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