MAROC
25/08/2015 08h:09 CET | Actualisé 27/08/2015 09h:38 CET

Culture, Jeux Olympiques, Twitter... Entretien avec un des hommes politiques marocains les plus connectés de la toile

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INTERVIEW - Ancien ministre de la Jeunesse et des sports sous Abbas El Fassi et membre du bureau politique du RNI, Moncef Belkhayat fait son retour à l'occasion des régionales. L'homme d'affaires hyperactif qui se présente à Casablanca nous confie ses ambitions pour les élections. Culture, Jeux Olympiques, Twitter… Entretien avec un des hommes politiques marocains les plus connectés de la toile.

Le HuffPost Maroc : Vous avez quitté la politique il y a quelques années. Vous êtes aujourd'hui un homme d'affaires accompli. Pourquoi faire ce retour et pourquoi Casablanca?

Moncef Belkhayat:Ce n’est pas un retour, j’ai quitté le poste de ministre il y a seulement 3 ans et demi. J’ai été élu membre du bureau politique, puis à la présidence de l’Alliance des indépendants (ADI, think-thank pro-RNI) tout en gardant mon rôle de militant au Rassemblement national des indépendants, qui a été classé comme deuxième formation politique lors des législatives de 2011 puis a décidé de passer à l’opposition. Pour ma part, je n’ai en aucun cas été absent, j’ai toujours été présent sur les réseaux sociaux, ce qui m’a offert une présence indéniable sur la scène politique.

Dès votre nomination en tant que ministre de la Jeunesse et des sports, vous avez rejoint le RNI, surnommé le parti cocotte-minute. À l’image du parti auquel vous appartenez, votre programme politique ne serait-il pas un fourre-tout: Casa candidate à l'organisation des Jeux olympiques, Casa et sa chaîne de TV régionale, Casa premier pôle touristique?

Le RNI n’est pas un parti cocotte-minute, c’est un parti ancré au sein de la société marocaine. Il a presque 40 ans de vie et a toujours été sur le podium en matière de résultats. Nous avons obtenu 55 sièges aux dernières législatives ce qui prouve que le RNI est un grand parti, proche des citoyens. Nous avons un programme socio-libéral qui prône moins de participation de l’État pour laisser la place à la société civile.

Et pour ce qui est de votre programme?

Il est simple et basé sur 5 points touchant des thématiques telles que la sécurité et l’éducation. L'objectif premier est d'améliorer le quotidien des habitants de Casablanca. Ensuite, Casablanca doit devenir un hub économique et financier entre l’Europe et l’Afrique. Le troisième objectif de mon programme est que Casablanca devienne le deuxième pôle touristique du Maroc après Marrakech, avec un aéroport digne de ce nom. Quatrième point: la candidature de la ville de Casablanca à l'organisation des Jeux olympiques de 2028. Enfin, il s'agit d'imposer une gouvernance transparente et exemplaire à travers la digitalisation. Casablanca doit devenir une ville connectée et intelligente avec des files d’attente électroniques par exemple. Casablanca pourra devenir le Dubaï de l’Afrique du nord et de l’ouest. Mais il est nécessaire de changer les mentalités pour concrétiser cela. La ville a besoin d’un leader avec un programme ambitieux. Je n’ai pas encore vu le programme des autres candidats, je suis le seul à Casablanca à en avoir présenté un.

Où est la place de la culture dans votre programme politique?

J'ai proposé l’ouverture de 13 théâtres municipaux, le lancement de centres culturels de proximité et la création d’un festival international du niveau de Mawazine à Rabat. Je propose également de faire de l’édifice des anciens abattoirs un monument classé et assurer la pérennité du festival Lboulevard pour en faire un centre culturel important.

Revenons au dossier de candidature pour les JO de 2028. Selon de nombreuses études, les JO sont considérés comme un véritable gouffre financier. D’ailleurs, depuis 1992, aucune édition n’a été rentable. Ne pensez-vous pas que c'est une fausse bonne idée?

Pour moi cela reste une excellente idée, Barcelone a été transformé par les JO. Si vous acceptez mes idées d’hub économique et financer et de pôle touristique pour Casablanca, les JO coûtent de source. À travers cet événement, nous allons bâtir la notoriété de Casablanca dans le monde. 50 ans après, les touristes viendront toujours parce qu'il y a eu les JO à Casablanca, ce qui rentabilisera l'investissement. Les projets de stades sont déjà programmés. Les JO vont coûter 38 milliards de dirhams ce qui les rendra facilement finançables en 13 ans.

Vous être très actif sur Twitter. Vous avez récemment publié un tweet dans lequel vous écrivez à propos de Nabila Mounib : "Qui est cette dame, elle me paraît très bourgeoise…Je la trouve très classe et très zaz" Avec du recul, vous ne regrettez pas ce commentaire?

J’ai dit qu’elle était classe et zaz, je considère cela comme un compliment que j’assume complètement. Ce tweet a provoqué le buzz mais je ne suis pas touché par les réactions. Ce commentaire n’est en aucun cas sexiste. J’ai toujours travaillé avec beaucoup de dames et cela se passe très bien. Je suis quelqu’un d’équilibré et moderniste, je considère que la femme a toute sa place en politique. Nabila Mounib est présidente d’un parti contre la bourgeoisie, il faut assumer ce qu’on dit, on est d’extrême gauche ou de droite. Personnellement, je suis de droite et libéral et je défends les patrons, elle défend les prolétaires.

Que répondez-vous à Samira Sitail, directrice des programmes de 2M et Charafat Afilal, membre du bureau politique du PPS et ministre chargée de l’eau, qui ont apporté leur soutien à Nabila Mounib et déploré votre tweet "misogyne et machiste"?

J’ai déjà répondu à Samira Sitail et je n’ai pas encore vu l’autre message. Je n’ai pas d’autre commentaire à faire.

Récemment, vous avez taclé Ahmed Reda Chami sur Twitter. Pensez-vous que ce genre de sorties élève le débat politique, et croyez-vous que twitter soit un terrain approprié pour débattre?

J’ai 67.000 followers et ce que je dis semble être intéressant. La force de Twitter est de balancer un projet structuré avec 67.000 personnes qui le relaient. Mais comme partout, il y a des partisans et des détracteurs, on est en période électorale, c’est normal. Et ceux qui ne sont pas contents peuvent tout simplement m’unfollwer (arrêter de me suivre, ndlr).

Twitter vous a également valu quelques moqueries avec votre hashtag #Achbghit_lbladiqui a été largement trollé. Vous ne pensez-pas que vous avez donné le bâton pour vous faire battre?

Je suis un entrepreneur. Le 4 août, nous avons annoncé le lancement du hashtag, et entre le 4 et le 23 août, nous avons relevé 10.000 tweets avec 8 thématiques importantes qui comprenaient une dimension liée à la politique, à l’éducation, aux transports, aux loisirs, au sport et différentes problématiques relatives à la vie quotidienne des Marocains. Nous les jeunes sur Twitter, on s’éclate, on troll et cela est normal. C’est ce qui permet aux gens de devenir amis. Les gens qui ne sont pas sur Twitter ne peuvent pas comprendre. Je viens de troller ce matin une personne d’ailleurs. Il y a une dynamique installée, il y a seulement 8% de troll alors que nous avons touché 4 millions d’internautes grâce à ce hashtag.

Vous avez décroché la Coupe du monde des clubs 2013 et 2014, ainsi que la CAN. Or, ces trois événements ont été des fiascos. Cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde des clubs largement moquée, scandale des pots de peinture et des raclettes géantes en 2014, CAN annulée... Pensez-vous que cela a bien été géré?

Je suis un homme d’État et je refuse de commenter le bilan de mes successeurs.

Pas de conseil à donner à votre successeur Mohammed Ouzzine, qui a enchaîné les bourdes?

Je n’ai aucun conseil à donner car ce n’est pas mon rôle. Mon travail est de parler de mon bilan. Mais j’ai obtenu la Coupe du monde des clubs 2013 et 2014 et la CAN, je suis donc confiant pour les jeux olympiques de 2028.

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