ALGÉRIE
25/08/2015 11h:15 CET | Actualisé 25/08/2015 11h:16 CET

Amnesty dénonce une "frénésie d'exécutions" en Arabie Saoudite: 102 mises à mort au 1er trimestre 2015

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En Arabie Saoudite, on condamne à mort de manière expéditive et on décapite sans trop attendre dans le cadre d'un système judiciaire "lacunaire" qui favorise "la frénésie d’exécutions" s'indigne Amnesty International dans un communiqué rendu public mardi 25 août 2015.

Les condamnations à mort "prononcées à l’issue de procès iniques ne respectant pas les garanties élémentaires d’équité" sont en hausse: 102 personnes exécutées au cours du premier semestre 2015 contre 90 sur toute l'année 2014.

On décapite surtout, vient ensuite le peloton d’exécution. "Dans certains cas, les exécutions ont lieu en public et les cadavres et les têtes tranchées sont ensuite exposés" relève l'ONG qui estime qu'une personne est exécutée tous les deux jours.

La moitié des exécutions concerne des "crimes non létaux" souligne Amnesty International. Un tiers des exécutions qui ont eu lieu depuis 1985 ne satisfont pas aux critères définissant les "crimes les plus graves" pour lesquels le recours à la peine capitale est autorisé par le droit international.

2208 exécutions en 20 ans, près de la moitié sont des étrangers

28 % des condamnations à mort prononcées depuis 1991 pour des infractions liées à la législation sur les stupéfiants. Le tableau chiffré sur deux décennies, de 1985 à 2015, est macabre: au moins 2 208 personnes ont été exécutées, près de la moitié (48,5 %) étaient des étrangers.

Beaucoup de ces étrangers "n’ont pas bénéficié de services de traduction adaptés durant leur procès et ont signé des documents – notamment des "aveux " – qu’elles ne comprenaient pas".

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"Des mineurs délinquants et des personnes souffrant de handicaps mentaux figurent parmi les prisonniers exécutés" souligne l'ONG dans un document intitulé "Killing in the Name of Justice: The Death Penalty in Saudi Arabia" (Tuer au nom de la justice: la peine de mort en Arabie Saoudite". Amnesty dénonce des procès iniques qui bafouent les règles élémentaires de la justice.

"Si le recours à la peine capitale est horrible en toutes circonstances, il l’est d’autant plus lorsqu’il est appliqué de manière arbitraire à l’issue de procès iniques", a déclaré Said Boumedouha, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

Un système judiciaire "inique"

L'ONG met en cause un système judiciaire qui ne s’appuie pas sur un Code pénal et où "la définition des crimes et les sanctions sont donc vagues et largement sujettes à interprétation.".

Les juges ont un "pouvoir discrétionnaire" de fixer les peines ce qui donne lieu à de "grands écarts, voire à des jugements arbitraires".

"Pour certains crimes passibles de taizir (sanctions discrétionnaires), les seuls soupçons suffisent pour qu’un juge prononce la peine de mort fondée sur la gravité du crime ou le caractère de l’accusé" note Amnesty en relevant que les "garanties les plus élémentaires" ne sont pas réunies pour un procès équitable. Les condamnations à mort sont souvent prononcées dans le cadre de procédure à huis clos

Les "accusés sont couramment privés du droit de consulter un avocat, ou déclarés coupables sur la base d’"aveux" obtenus sous la torture ou d’autres mauvais traitements. Ils sont privés du droit de bénéficier d’un appel adéquat et exhaustif."

"La nature profondément biaisée du système pénal saoudien laisse la porte grande ouverte aux violations des droits humains. Les autorités jouent avec la vie des gens, de manière irresponsable et consternante", a déclaré Said Boumedouha.

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