MAGHREB
25/08/2015 10h:45 CET

L'Allemagne rejette le "système de Dublin" en matière de demandes d'asile

The sailors and Royal Marines of HMS Bulwark help migrants ashore. Picture: PO (Phot) Carl OsmondThe Royal Navy has safely delivered nearly 800 rescued migrants ashore in Italy this morning [30 May]. The sailors and Royal Marines of HMS BULWARK helped 747 survivors ashore in the port of Taranto some 36 hours after being plucked from their dangerously overcrowded boats in the waters just north of Libya earlier in the week.Many of those rescued were small children, even some without parents. Most
ASSOCIATED PRESS
The sailors and Royal Marines of HMS Bulwark help migrants ashore. Picture: PO (Phot) Carl OsmondThe Royal Navy has safely delivered nearly 800 rescued migrants ashore in Italy this morning [30 May]. The sailors and Royal Marines of HMS BULWARK helped 747 survivors ashore in the port of Taranto some 36 hours after being plucked from their dangerously overcrowded boats in the waters just north of Libya earlier in the week.Many of those rescued were small children, even some without parents. Most

Selon The Independant, la grave problématique de l’immigration et des réfugiés frappant l’Europe sera prise à bras le corps par le gouvernement allemand qui a mis un hiatus à la convention de Dublin de 1990.

La convention de Dublin de 1990 et le règlement de Dublin II visaient à déterminer rapidement l'État membre responsable pour une demande d'asile et prévoyaient le transfert du demandeur d'asile vers cet État membre. L’État membre responsable était, du fait de ce règlement, le premier État par lequel le demandeur d’asile a fait son entrée dans l’Union Européenne. Le "système de Dublin" est souvent le prétexte qu'avancent plusieurs pays européens afin de refuser d'accueillir des réfugiés.

Ainsi, face au flux important de réfugiés et plus de 800.000 demandes d'asile prévues pour cette année, l’Office Fédéral Allemand de la Migration et des Réfugiés a ordonné la suspension de la convention de Dublin, en déclarant dans un communiqué de presse que tous les demandeurs d’asile syriens sur le territoire allemand seront pris en charge par l'Allemagne, et ce peu importe le pays par lequel ils sont entrés au sein de l’Union européenne. Ainsi selon le porte-parole de l'Office Fédéral Allemand de la Migration, l'Allemagne fait valoir une clause de souveraineté prévue dans le texte du règlement "Dublin II".

Le gouvernement a d’ailleurs affirmé que tous les ordres d’expulsions en vigueur contre les demandeurs d’asile syriens seront révoqués. Au cours des six premiers mois de 2015, l'Allemagne a enregistré 44.417 demandes d'asile en provenance de réfugiés syriens, rappelle le site britannique.

Cette décision arrive alors que la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande se sont rencontrés lundi, en vue de trouver des solutions à la pire crise de réfugiés depuis la seconde guerre mondiale et appellent conjointement à la création d’une nouvelle politique européenne unifiée en matière de migration.

Cette décision du gouvernement allemand embarrasse la Grande-Bretagne qui refuse systématiquement les demandeurs d’asile atteignant son territoire. En effet, cette dernière utilise la convention de Dublin comme base juridique afin de ne pas accueillir les réfugiés venant d’Afrique du nord et du Moyen-Orient.

La Grande-Bretagne est d'autant plus isolée que de nombreuses voix européennes commencent à tirer la sonnette d’alarme quant à l’application du "système de Dublin". En effet, le ministre des Affaires Etrangères autrichien, Sebastian Kurz a déclaré dimanche que "le système de Dublin… ne fonctionne plus du tout", après avoir visité une Macédoine débordée par l’afflux de migrants.

Cet avis est d’ailleurs partagé par le président de la Commission européenne Jean Claude Juncker, qui dans une tribune publiée sur le Figaro, accuse la plupart des gouvernements des pays européens de lâcheté politique.

Face à l’une des plus graves crises de réfugiés que traverse le monde, la décision allemande de mettre au ban le "système de Dublin" risque d'être un nouveau sujet de tensions entre les principaux pays européens.

LIRE AUSSI:

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.