MAROC
22/08/2015 05h:25 CET | Actualisé 22/08/2015 08h:15 CET

Tirs dans un train Amsterdam-Paris: Le suspect serait un Marocain de 26 ans signalé comme islamiste radical (VIDÉO)

Tirs dans un train Amsterdam-Paris: Le suspect serait un Marocain de 26 ans
AFP
Tirs dans un train Amsterdam-Paris: Le suspect serait un Marocain de 26 ans

ENQUÊTE - Les enquêteurs français interrogeaient samedi l'homme signalé pour de possibles liens avec le terrorisme, qui a été maîtrisé par des militaires américains en vacances alors qu'il s'apprêtait à ouvrir le feu à la kalachnikov sur les passagers d'un train Amsterdam-Paris.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le suspect, qui était transféré samedi matin vers les locaux des services antiterroristes en région parisienne, serait marocain et âgé de 26 ans. Il a résidé en Espagne et avait été signalé comme islamiste radical par les autorités espagnoles aux services français. Il faisait ainsi l'objet d'une fiche dite "S", qui ne signifie pas forcément une surveillance.

Armé d'un fusil d'assaut kalachnikov, d'un pistolet automatique, de neuf chargeurs et d'un cutter, cet homme a ouvert le feu à au moins une reprise peu avant 16H00 GMT vendredi dans le train à grande vitesse Thalys 9364, peu après l'arrivée du convoi en France.

Mais l'homme a été stoppé net dans son action grâce à l'intervention d'un groupe d'amis américains en vacances, dont deux militaires, qui ont réussi à le maîtriser. Une vidéo postée en ligne montre les instants qui ont suivi l'interpellation.

Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes

Les hommes, dont un a été blessé, ont été salués comme des héros par les autorités françaises et par le président américain Barack Obama, qui leur a exprimé sa "profonde gratitude".

"Va le choper"

"On a entendu un coup de feu et du verre brisé," a raconté Alex Skarlatos, 22 ans, membre de la garde nationale de l'État de l'Oregon, rentré il y a peu d'une mission en Afghanistan, dans des images diffusées par des télévisions. "J'ai vu un homme entrer dans le wagon avec une kalachnikov", a-t-il dit sur la chaîne BFMTV.

"Alex a dit à Spencer (Stone, un autre militaire américain du groupe), va le choper", a poursuivi Chris Norman, un Britannique qui voyageait dans le même wagon. "Le gars a sorti un cutter et il a tailladé Spencer à l'arrière du cou, il lui a pratiquement coupé le pouce aussi, Spencer l'a tenu et on l'a finalement maîtrisé, il était inconscient, on a fini par l'attacher".

"Spencer a bien couru dix mètres jusqu'au type. On s'est mis à le taper à la tête jusqu'à ce qu'il s'écroule", selon M. Skarlatos.

M. Stone, qui a été hospitalisé, "va bien", ont précisé ses amis. Une autre personne a été blessée, par balle, et le train a été détourné sur Arras (nord de la France), où le suspect a été interpellé.

"Violence barbare"

Sur des images filmées au téléphone portable à l'intérieur du train et diffusées par des télévisions, on peut voir l'assaillant, un jeune homme mince, portant un pantalon clair et torse nu, plaqué au sol sur le ventre, les mains attachées dans le dos. Une kalachnikov est posée contre un siège et du sang est visible sur une vitre du wagon.

Si les motivations du tireur restaient inconnues, le parquet antiterroriste de Paris, dont la compétence est nationale, s'est immédiatement saisi de l'enquête.

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui s'est rendu à la gare d'Arras, s'est refusé à toute spéculation mais a dénoncé une "violence barbare" qui aurait pu déboucher sur "un drame terrible". Le Premier ministre belge, Charles Michel, a en revanche dénoncé une "attaque terroriste".

Le suspect, monté dans le train à Bruxelles, résidait encore récemment en Espagne et avait décidé de déménager en France en 2014, selon le quotidien espagnol El Pais. Il a ensuite voyagé en Syrie, avant de retourner vers la France, selon le journal.

Cette attaque intervient huit mois après les sanglants attentats de janvier à Paris contre le journal satirique Charlie Hebdo, accusé de blasphème contre le prophète Mahomet et un supermarché cacher.

Depuis lors, plusieurs tentatives d'attentats jihadistes ont été déjouées en France, selon les autorités qui ont mis en place un plan drastique de lutte antiterroriste dans les lieux publics et considérés comme sensibles.

Un projet d'attaque contre une église en banlieue parisienne a échoué en avril après que son auteur, Sid Ahmed Ghlam, s'est lui-même blessé avec son arme. Il était en lien avec des contacts en Syrie, tout comme Yassin Salhi, qui a décapité en juin son employeur près de Lyon (sud-est) et est suspecté d'avoir voulu faire exploser une usine chimique.

Trois personnes ont en outre été arrêtées en juillet, suspectées d'avoir voulu attaquer un site militaire, décapiter un gradé et filmer la scène.

Ci-dessous, une photo de l'auteur présumé récupérée sur sa page Facebook. Dans la matinée, France 2 a confirmé son identité.