ALGÉRIE
22/08/2015 13h:51 CET | Actualisé 22/08/2015 13h:51 CET

Afghanistan: un nouvel attentat suicide fait 12 morts à Kaboul, dont trois étrangers

Des forces de sécurité et de police sur les lieux d'un attentat suicide contre les troupes étrangères à Kaboul, le 22 août 2015
AFP
Des forces de sécurité et de police sur les lieux d'un attentat suicide contre les troupes étrangères à Kaboul, le 22 août 2015

Au moins 12 personnes, dont trois étrangers employés de l'Otan, ont été tuées samedi dans un attentat contre les forces étrangères à Kaboul, une attaque qui rappelle la précarité de la situation dans la capitale afghane, ensanglantée par des attaques des talibans au début du mois.

D'après "Soutien résolu", la mission de l'Otan dans le pays, trois sous-traitants civils étrangers qui travaillaient pour elle ont péri dans l'attentat suicide, mais elle n'a pas précisé la nationalité des victimes, ni si elles figuraient dans le bilan de 12 morts fourni par les autorités afghanes.

Les talibans ont démenti être derrière cet attentat, mais les forces étrangères de l'Otan et leurs homologues afghans constituent les cibles de prédilection des insurgés islamistes dans ce conflit qui dure depuis la chute de leur régime en 2001.

Par ces attaques, ils démontrent qu'ils sont capables de déjouer l'appareil sécuritaire au cœur de la capitale afghane, malgré la crise qui secoue leur direction depuis la désignation fin juillet de leur nouveau leader, le contesté mollah Akhtar Mansour.

La déflagration, entendue à plusieurs kilomètres à la ronde, s'est produite vers 16H00, heure de sortie des bureaux, dans le quartier résidentiel de Macroyan, à proximité d'un hôpital, a indiqué à l'AFP Fraïdoun Obaïdi, chef de la police judiciaire de Kaboul.

Le porte-parole du ministère afghan de la Santé, Wahidullah Mayar, a assuré que 12 personnes, dont un étranger, avaient été tuées et plus de 60 autres blessées. Sayed Kabir Amiri, le directeur des hôpitaux publics afghans, a confirmé ce bilan.

'Trop c'est trop'

L'attaque "visait un convoi de véhicules qui transportaient des civils employés par +Soutien résolu+", a déclaré à l'AFP le colonel américain Brian Tribus, porte-parole de la mission de l'Otan en Afghanistan. "Un sous-traitant civil de +Soutien résolu+ est mort dans l'attentat et deux autres ont succombé à leurs blessures", a-t-il ajouté, expliquant qu'il s'agissait d'étrangers sans préciser leur nationalité.

Quelque 13.000 soldats de l'Otan et plusieurs milliers de sous-traitants civils sont encore déployés en Afghanistan dans le cadre de "Soutien résolu", une mission de conseil et de formation de leurs homologues afghans et sont les cibles de prédilection des rebelles talibans.

Mais les civils payent le prix fort dans le conflit afghan, qui dure depuis plus de 13 ans. Dans la première moitié de cette année, les violences contre les civils ont atteint un record avec 1.592 morts et 3.329 blessés, selon la mission de l'ONU en Afghanistan (Unama).

"Trop c'est trop. Tuez-nous ou laissez-nous vivre en paix!", s'est exclamée une passante témoin de l'explosion, sur la chaîne d'information Tolo News.

Cette explosion survient deux semaines après une série de quatre attentats qui avaient ensanglanté la capitale afghane et fait près de 60 morts.

Trois d'entre eux ont été revendiqués par les rebelles talibans, dont l'offensive estivale est particulièrement meurtrière cette année malgré les remous engendrés par la désignation d'un nouveau chef, le mollah Akhtar Mansour, successeur de leur défunt leader historique, le mollah Omar. Car une frange non négligeable des rebelles talibans, dont une partie de la famille du mollah Omar, nie toute légitimité au nouveau chef, auquel Ayman al-Zawahiri, numéro un d'Al-Qaïda, a toutefois fait allégeance.

Les observateurs estiment que ces attaques sont destinées à démontrer que le mollah Mansour compte poursuivre le jihad dans les pas de son prédécesseur et convaincre les talibans les plus sceptiques.

Les attentats du début du mois avaient soulevé une vague d'indignation et poussé le président afghan Ashraf Ghani à accuser son voisin pakistanais d'envoyer un "message belliqueux", en écho aux accusations de nombre d'Afghans qui jugent que le Pakistan souffle le chaud et le froid sur l'insurrection talibane.

Et, depuis, les pourparlers de paix entre Kaboul et les talibans, dont un premier round avait eu lieu au Pakistan début juillet, sont en suspens malgré une rencontre afghano-pakistanaise sur le sujet il y a une dizaine de jours.

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