ALGÉRIE
19/08/2015 04h:40 CET | Actualisé 19/08/2015 04h:51 CET

La Ligue arabe fait le service minimum pour la Libye devenue une "nouvelle Somalie" selon un ministre italien

Une image de propagande de "Welayat Tarablos" en Février 2015 montrant un défilé à Syrte
afp
Une image de propagande de "Welayat Tarablos" en Février 2015 montrant un défilé à Syrte

La Ligue arabe a appelé à une "stratégie arabe" pour la Libye mais n’a pas annoncé, mardi, à l’issue d’une réunion extraordinaire au Caire, des frappes aériennes contre les positions du groupe Etat Islamique , Daech, réclamées avec insistance, samedi, par le gouvernement libyen de Tobrouk.

Le gouvernement libyen avait appelé les pays arabes à "lancer des frappes aériennes ciblées contre les positions de l'EI à Syrte" en soulignant qu’il est incapable de "faire face à l'EI en raison de l'embargo sur les armes imposé à l'armée" par l'ONU depuis 2011.

Le communiqué publié à l'issue d'une réunion au Caire, appelle, sans donner de détails, à une "stratégie arabe" pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI).

Le chef de la diplomatie libyenne, Mohamed Dayri, a réitéré cette demande mardi devant ses collègues arabes en soulignant que l'armée gouvernementale ne dispose que de deux avions de chasse.

Un appel qui n’a pas été entendu, le communiqué de la Ligue arabe n’évoque pas le sujet et se contente de l'urgence d'une stratégie concertée. Le communiqué incite les Etats membres à soutenir le gouvernement libyen dans sa guerre contre le terrorisme de l'EI.

Les Etats arabes sont appelés, individuellement ou collectivement à apporter un" soutien total au gouvernement" indique le communiqué qui insiste "sur le respect de l'unité, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Libye" et la préservation de son indépendance politique".

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A l'ouverture de la session extraordinaire, par le ministre libyen des affaires étrangères Mohamed Dayri a réitéré l’appel à des frappes aériennes contre les positions de Daech à Syrte en faisant valoir que l’armée libyenne ne disposait que de deux avions de chasse affectés à Benghazi et à Derna.

"Peut-on attendre un gouvernement d'union alors que Daech massacre..."

"Peut-on attendre deux, trois ou quatre mois jusqu'à la mise en place d'un gouvernement d'union nationale alors que pendant ce temps les boucheries et les massacres commis par Daech se poursuivent" a souligné Mohamed Dayri en appelant à la mise en application du traité arabe de défense commune.

"Lors du sommet de Charm el-Cheikh, nous avons appelé à soutenir l'armée libyenne dans sa lutte contre le terrorisme. Force est de constater que l'aide apportée est insuffisante", a déclaré M. al-Arabi.

"Nous devons aujourd'hui étudier la possibilité d'assurer un soutien urgent à la Libye dans la lutte contre ce mal mondial qui met en danger aussi bien le dialogue national en Libye que la transition politique dans ce pays", a ajouté le secrétaire général de la Ligue arabe.

La réunion extraordinaire de la Ligue arabe intervient après des combats violents à Syrte où des habitants excédés par les violences de l’EI ont pris les armes pour essayer de les en déloger.

Une révolte qui semble avoir été écrasée par les éléments du groupe Etat islamique (EI). Le groupe terroriste a "décapité" et accroché à des croix douze combattants engagés contre eux dans la bataille. Daech aurait également exécuté 22 autres combattants de Syrte qui étaient à l'hôpital pour soigner leurs blessures.

Une "nouvelle Somalie"

Le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni a déclaré lundi 17 juillet que l’Europe risque de voir la Libye se transformer en une "nouvelle Somalie".

"Le temps est compté, maintenant que Daesh est arrivé à Syrte la situation est particulièrement alarmante", a-t-il déclaré au journal La Stampa.

"Soit on conclut dans quelques semaines, soit nous nous trouverons avec une autre Somalie à deux pas de nos côtes et nous devrons réagir d’une autre manière", a déclaré le ministre Italie.

Dans le cas un accord n’est pas trouvé rapidement, il faudra, a-t-il indiqué, "mettre la Libye à l’ordre du jour de la coalition internationale anti-EI, en sachant qu’il ne s’agirait plus de stabiliser le pays mais de contenir le terrorisme".

Des propos qui font poindre la perspective d'une intervention militaire. La précédente intervention militaire étrangère, menée par l'OTAN sur la base d'une interprétation extensive des résolutions du Conseil de sécurité, a entraîné la chute du régime de Mouammar Kadhafi et a plongé le pays dans les désordres et le règne des milices. Le groupe Etat Islamique également a profité de ce chaos pour s'installer et s'étendre.

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