MAGHREB
18/08/2015 12h:15 CET | Actualisé 16/11/2015 09h:29 CET

Tunisie: Un traitement révolutionnaire contre l'hépatite C sera disponible à prix réduit

FILE - In this July 9, 2015 file photo, a man walks outside the headquarters of Gilead Sciences in Foster City, Calif. Gilead Sciences reports quarterly financial results on Tuesday, July 28, 2015. (AP Photo/Eric Risberg, File)
ASSOCIATED PRESS
FILE - In this July 9, 2015 file photo, a man walks outside the headquarters of Gilead Sciences in Foster City, Calif. Gilead Sciences reports quarterly financial results on Tuesday, July 28, 2015. (AP Photo/Eric Risberg, File)

SANTÉ - Connaissez-vous le Sofosbuvir? Il s'agit d'un traitement révolutionnaire de l'hépatite C qui pourrait être commercialisé en Tunisie, pays où le nombre de personnes atteintes par cette maladie infectieuse est estimé à plus de 170.000.

C'est le laboratoire américain Gilead qui a conçu ce traitement ayant un taux de guérison dépassant les 98 %. Le bémol c'est que son coût était exorbitant: il a atteint par exemple 41.000 euros en France et 74.000 euros aux Etats-Unis pour un traitement complet de douze semaines, selon le journal Le Monde.

Une bataille juridique et médiatique avait été alors menée contre Gilead, par des ONG défendant le droit des êtres humains à accéder aux médicaments.En Tunisie, des organisations sanitaires avaient dénoncé un "embargo du laboratoire à l’encontre de milliers de Tunisiens atteints du virus de l’hépatite C".

Et ce n'est que début août 2015 que la compagnie pharmaceutique a finalement cédé, en donnant un accord de licence qui concerne 101 pays en voie de développement. La Tunisie fait partie de la liste mais aussi la Libye, l'Algérie et le Maroc.

Un ministère de la Santé léthargique?

Contacté par le HuffPost Tunisie, Bilel Mahjoubi, membre de l’Association tunisienne de lutte contre les IST/Sida, a affirmé que le traitement, s'il est commercialisé en Tunisie, devrait coûter à présent 25.000 dinars au lieu de 145.000 dinars, selon une estimation faite par l'organisation.

En dépit de cette "victoire", son organisation milite toujours pour que le coût soit réduit à 5.000 dinars grâce au soutien de l'Etat.

"Nous militerons jusqu'à ce que ce traitement soit gratuit comme nous avons réussi à le faire pour le traitement du VIH", a-t-il dit.

"Depuis 2013 (date de la commercialisation par Gilead de Sofosbuvir), nous n'avons cessé en tant que société civile de dénoncer son coût exorbitant. Gilead détenait le marché et la vie des gens entre ses mains", a-t-il affirmé.

"On n'a pas arrêté de faire le show partout dans le monde, dans les stands où Gilead exposait, en portant par exemple des linceuls pour symboliser les morts qu'une telle politique causait", a-t-il ajouté.

C'est sous la pression de la société civile soutenue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), que le laboratoire a finalement cédé, selon lui.

Quoi qu'il en soit, une question brûlante se pose toujours: Quand ce traitement sera-il concrètement disponible pour les malades tunisiens?

"Nous ne savons pas", répond Bilel Mahjoubi. "C'est au ministère de la Santé de réagir à présent pour le rendre disponible: en l'achetant à d'autres pays ou en le fabriquant dans un laboratoire local. C'est un peu comme si une ambassade vous donnait un visa. C'est à vous de décider si vous voulez voyager ou pas".

Même s'il admet le fait que le ministère soit actuellement en effervescence pour décider de la politique à mener concernant le Sofosbuvir, il affirme cependant que les gouvernements successifs sont restés léthargiques devant le traitement de l'hépatite C.

"C'est la société civile qui a tout fait pour faire plier Gilead...Mais là ça traine. Qu'est-ce que le ministère attend? Entretemps, il y a des gens qui meurent", a-t-il déploré.

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