ALGÉRIE
18/08/2015 13h:02 CET | Actualisé 18/08/2015 13h:02 CET

Turquie: le Premier ministre va informer le président de l'absence de coalition

AFP

Le Premier ministre turc va officiellement informer mardi le président Recep Tayyip Erdogan qu'il n'a pas réussi à former un gouvernement de coalition, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles élections, selon l'agence officielle Anatolie.

La rencontre entre les deux hommes doit commencer au palais présidentiel à 16H30 GMT, a annoncé la présidence.

Le Premier ministre Ahmet Davutoglu avait été chargé par le chef de l'Etat le 9 juillet de conduire des négociations avec les partis d'opposition pour former un gouvernement.

Les discussions menées entre l'AKP et les sociaux-démocrates (CHP, deuxième force au Parlement) d'une part, et avec le parti nationaliste (MHP, troisième force) de l'autre, n'ont pas abouti.

Si tous les recours pour former un gouvernement sont épuisés avant le 23 août, la Turquie devra organiser de nouvelles élections législatives, dans un contexte politique incertain.

Le parti islamo-conservateur de la Justice et du développement (AKP), qui régnait depuis 2002 sans partage, a subi un sérieux revers lors du scrutin législatif du 7 juin, qui ne lui a pas permis d'obtenir la majorité absolue et de former un gouvernement seul.

Selon la Constitution, si une majorité en faveur d'élections anticipées se dégage au Parlement, alors un cabinet formé par l'AKP pourra continuer de gouverner jusqu'au scrutin anticipé.

En revanche, si le président Recep Tayyip Erdogan décide lui-même de convoquer un nouveau scrutin, alors c'est un "gouvernement d'élection", composé de représentants de chacun des partis présents au Parlement, qui sera appelé à diriger le pays.

Selon les scenarios, les élections pourraient se dérouler au plus tard en novembre, a précisé l'agence Anatolie.

"Tous les chemins mènent aux urnes", a écrit mardi l'éditorialiste pro-AKP Abdulkadir Selvi dans les colonnes du journal Yeni Safak.

Selon certains analystes, le chef de l'Etat veut un nouveau scrutin dans l'espoir que l'AKP emporte la majorité, et forme seul un gouvernement.

Celui qui a été Premier ministre de 2003 à 2014, avant de devenir l'an dernier le premier président élu au suffrage universel direct, rêve par ailleurs d'une réforme de la Constitution qui accorderait au chef de l'Etat des pouvoirs plus étendus. Un projet mis à mal à l'issue des élections de juin.

Recep Tayyip Erdogan a récemment provoqué l'ire de ses opposants en suggérant que le système présidentiel était "de facto" en place. "Que vous soyez d'accord ou non, le régime turc a changé", avait-il déclaré la semaine dernière.

Pour l'éditorialiste en chef du journal Hürriyet, Murat Yetkin, M. Erdogan a usé de tous les moyens possibles pour prolonger le mandat de l'AKP, malgré le désaveu des urnes.

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