ALGÉRIE
17/08/2015 12h:49 CET | Actualisé 17/08/2015 13h:09 CET

Pour le FFS, la polémique sur la darija est une "manœuvre de diversion" du pouvoir

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Le Front des forces socialistes (FFS) a refusé de s'engager dans la polémique provoquée par la recommandation par la conférence de l'éducation nationale sur l'utilisation de la darija (langue maternelle) dans le préscolaire et les deux premières années primaires.

Cette polémique est le "fruit d'une nouvelle manœuvre du pouvoir et de ses relais politiques et médiatiques" a déclaré, le secrétaire national à l'information, Youcef Aouchiche.

C'est une diversion qui est orchestrée pour "maintenir la société et l'opinion publique loin des questions qui pèsent et influent sur l'avenir du pays" a-t-il estimé dans une déclaration au journal El Khabar.

Le responsable du FFS a constaté que "malheureusement, certains sont tombés dans le piège et se sont engagés dans ce genre de débats stériles".

Tout en soulignant qu'il y a un réel et urgent besoin à mener de profondes réformes dans le système éducatif national en raison de sa situation fortement dégradée, Youcef Aouchiche estime que le régime en place est "la source de toutes les crises du pays".

Il note par ailleurs que ce genre de questions doivent faire l'objet d'un débat large qui implique l'ensemble des acteurs de la société et les spécialistes pour parvenir à un consensus dans le domaine de l'enseignement et de l'éducation nationale".

"La crise vécue par le secteur éducatif depuis des années ne peut être réduite à la question de l'utilisation de la darija et de la langue arabe classique. Le problème est beaucoup plus complexe" relève-t-il.

Malheureusement, a-t-il conclut, "nous n'avons perçu, jusqu'à présent, aucune volonté politique de la part du pouvoir pour promouvoir ce secteur dans le sens des ambitions des Algériennes et des Algériens en prenant en compte les données de la société algérienne et son histoire ainsi que les normes internationales sur laquelle il existe un consensus".

Polarisation

La recommandation sur l'utilisation de la darija dans l'enseignement a créé une forte polarisation entre "francophones" et "arabophones", "modernistes" et "conservateurs" dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Au plan politique, le seul soutien franc à la ministre de l'éducation, Mme Nouria Benghebrit est venu du PT de Louisa Hanoune qui a dénoncé une "cabale misogyne" contre la ministre. Une pétition de soutien à Mme Benghebrit a été lancée, hier, le 16 aout 2015, avec une ambition d’obtenir un million de signature.

A 16 heures de la journée du 17 août, 1470 personnes ont signé la pétition qui dénonce une "cabale de la part des islamo-conservateurs qui ne veulent pas que la ministre mette l'index sur la véritable cause du sinistre scolaire. "

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Les islamistes et les conservateurs, comme l'association des Oulémas, se sont vivement opposés au projet de Mme Benghebrit. Un peu plus tardivement, les deux partis du pouvoir, le RDN et le FLN, ont désavoué Mme Benghebrit et lui ont dénié le droit de s'engager sur un terrain qui relève, selon eux, des prérogatives exclusives du gouvernement.

Le RND a estimé que la ministre cherche à imposer une "orientation déterminée à l'école" tandis que le FLN lui a reproché, via son groupe parlementaire, d'avoir donné une "opportunité à ceux qui veulent politiser l'école algérienne et jouer avec l'avenir des générations". Le Premier ministre Abdelmalek Sellal est resté, jusqu'à présent, totalement en retrait sur le sujet.

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