MAGHREB
17/08/2015 12h:38 CET | Actualisé 17/08/2015 12h:49 CET

L'état d'un prisonnier palestinien dans le coma met à l'épreuve la loi israélienne

AFP

INTERNATIONAL - L'état alarmant d'un prisonnier palestinien, dans le coma après deux mois de grève de la faim, met à l'épreuve une nouvelle loi israélienne permettant de nourrir de force les détenus pour ne pas avoir à céder à leurs exigences.

La majorité des médecins israéliens ont exprimé leur opposition à cette loi et promettent de ne pas l'appliquer.

M. Allan, un avocat de 31 ans défendant les prisonniers palestiniens, a sombré dans le coma la semaine passée après avoir entamé une grève de la faim le 18 juin.

Présenté par le Jihad islamique comme l'un de ses membres, il proteste contre sa détention administrative, une mesure extrajudiciaire, renouvelable indéfiniment tous les six mois, qui permet d'emprisonner une personne sans inculpation.

Le sort de M. Allan, quasiment inconnu il y a quelques semaines, mobilise l'opinion palestinienne. Le risque de nouvelles tensions entre Palestiniens et Israéliens grandit chaque jour. Dimanche soir, des heurts ont mis aux prises des supporteurs de M. Allan et des juifs de droite devant l'hôpital israélien d'Ashkélon où il se trouve.

Un Palestinien a été abattu lundi après avoir tenté de poignarder un garde-frontière en Cisjordanie occupée. Sans paraître directement lié au cas de M. Allan mais dans un contexte crispé, c'était le troisième incident du genre en trois jours.

Une fois M. Allan dans le coma, les médecins de l'hôpital d'Ashkélon l'ont placé sous respirateur artificiel et lui ont administré de l'eau salée et des vitamines. Avant son coma, M. Allan n'ingérait que de l'eau sans complément et refusait tout traitement médical.

Il ne semble pas avoir subi de dommage irréparable, mais il ne survivra probablement pas s'il reprend sa grève de la faim, a dit lundi un médecin de l'hôpital d'Ashkélon devant la Cour suprême.

L'avocat de M. Allan plaidait devant la Cour la remise en liberté de son client pour raisons médicales. Le gouvernement s'est dit prêt à cette occasion à libérer M. Allan s'il acceptait de partir à l'étranger pour quatre ans. L'avocat a aussitôt rejeté cette proposition.

La Cour doit reprendre les débats mercredi.

C'est seulement si M. Allan reprend conscience et s'il continue de refuser de manger que le gouvernement devra décider s'il applique la loi votée fin juillet et le nourrit de force.

Dans ce cas, les autorités devront obtenir une décision d'un tribunal. En dehors du danger de mort du patient, elles pourraient faire valoir les risques sécuritaires que représenterait sa mort, dit Médecins pour les droits de l'Homme.

Si un tribunal émet un tel ordre, les médecins peuvent refuser de le suivre. Nombre d'entre eux ont déjà dit qu'ils n'appliqueraient pas la loi, puisque celle-ci leur laisse le choix, mais les soutiens de M. Allan s'inquiètent de voir les autorités trouver des praticiens prêts à s'y conformer.

"C'est un test pour la communauté médicale en Israël, c'est un test pour les autorités: quel est leur degré de détermination ?", dit Hadas Ziv, coordinatrice de la commission éthique de Médecins pour les droits de l'Homme, une organisation opposée à l'alimentation de force.

La loi vise à couper court à ce que les autorités israéliennes considèrent comme le chantage des prisonniers palestiniens pour lesquels la grève de la faim est une arme couramment employée.

Les derniers Palestiniens décédés en grève de la faim sont morts dans les années 80, dit Issa Qaraqe’e, chef de la commission des prisonniers, organe de l'Autorité palestinienne.

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