MAGHREB
17/08/2015 14h:40 CET | Actualisé 18/08/2015 08h:59 CET

Tunisie: Des casques verts sur la plage de Haouaria pour protéger l'environnement... et les bonnes moeurs!

Le sable fin, les eaux limpides... Un week-end à Haouaria ne vous laissera pas indifférent.

Ce qui est sûr également, c'est que la plage d'El Haouaria se souviendra de vous! Dimanche soir, le phénomène n'a pas dérogé à la règle.

Déchets, pollution,... Rien n'a été épargné (voir diaporama en fin d'article). Heureusement, les associations de protection de l'environnement sont sur le qui-vive, prêtes à entrer en action dès le départ des vacanciers d'un week-end.

Une police des moeurs sur les plages d'El Haouaria?

Dimanche, c'est un collectif dont le nom, plutôt surprenant, qui était présent sur la plage: le collectif pour la "Protection environnementale et morale".

protection environnementale et morale


Dès sa publication sur les réseaux sociaux, la photo ci-dessus a fait le buzz, mais surtout provoqué l'incompréhension des internautes. En cause, la présence du mot "morale" dans l'intitulé du collectif.

Dans les commentaires qui succèdent la photo, l'auteur de la publication explique que "d'après les auteurs de l'initiative qu'ils qualifient de 'citoyen', la 7imeya al A5la9ya الحماية الأخلاقية (protection morale) semble viser le comportement 'choquant' de certains visiteurs qui se permettent de 'boire de l'alcool devant les familles', de 'proférer des propos vulgaires', de 's'embrasser et de flirter en public' et de 'se mettre en toutes petites tenues qui frôlent le nudisme intégral'".

Des propos qui ont de quoi inquiéter...

Une action de sensibilisation plutôt que de sanction

Contacté par le HuffPost Tunisie, Mohamed Ayed, coordinateur du collectif, annonce d'emblée que l'objectif est uniquement de sensibiliser les vacanciers au respect entre l'homme et la nature et... "entre l'homme et l'homme".

Selon ce dernier, l'action consisterait donc à "respecter les autres". Dans la pratique, "les visiteurs pourraient reprendre leurs déchets, mais également éviter les disputes de tout genre - ne pas placer son parasol devant l'autre, ou encore ne pas garer sa voiture le pieds dans l'eau."

Aucune allusion donc à une femme qui se promènerait en bikini, ou des jeunes qui boiraient de l'alcool sur la plage: "Nous ne sommes pas contre ces activités".

Sauf que, "nos plages sont des plages familiales, donc il faudrait prendre l'alcool dans des endroits isolés des autres familles", rajoute Mohamed Ayed. "On ne s'attaque pas aux gens qui boiraient de l'alcool, on veut juste que ce soit un peu réglementé".

Un discours à double sens et une action dont le véritable objectif ne semble pas être très clair. "Nous avons eu beaucoup de remarques pour le mot 'morale', nous l'avons peut-être mal choisi", admet Mohamed Ayed.

"Tout le monde est le bienvenu"

Le collectif, qui regroupe presque neuf associations, aurait donc pour but de sensibiliser les citoyens mais également d'encourager l'éco-tourisme.

Selon Mohamed Ayed, "notre rôle n'est pas de limiter la liberté de l'autre, mais que les autres respectent notre existence. La municipalité est incapable de gérer le flux de vacanciers en été et de s'occuper des déchets qu'ils laissent." C'est pour cela que le collectif est entré en action depuis l'année dernière déjà, en nettoyant entre autres les plages après le passage des visiteurs et en les sensibilisant.

Dans la pratique, un stand fixe avec deux animateurs est planté sur la plage, explique le coordinateur. Les citoyens présents peuvent y poser des questions concernant la protection de l'environnement... une initiative qui reste citoyenne mais dont le nom et les véritables desseins sont sujets à caution.

Suite à la polémique suscitée par ce collectif, le gouverneur de Nabeul a tenu à préciser sur Mosaïque FM que l'association était en règle et qu'elle s'engageait à ne plus mettre les t-shirts.

"L''association a une autorisation, et suite à l'intervention de la police, le collectif ne portera plus les t-shirts" a indiqué Mohamed Akremi Hamdi, le gouverneur de Nabeul.

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