ALGÉRIE
15/08/2015 05h:52 CET | Actualisé 15/08/2015 06h:11 CET

Raouraoua étrille les clubs professionnels au sujet du recrutement des joueurs étrangers

raouraoua

Les clubs professionnels algériens se comportent-ils en négriers du football ? Le patron de la fédération algérienne de football (FAF), Mohamed Raouaraoua, n’est pas loin de le penser. Il a justifié la décision de la FAF d’interdire le recrutement des joueurs étrangers en faisant un procès en règle contre les pratiques des managers des clubs.

Le président de la Fédération algérienne de Football (FAF), Mohamed Raouraoua n'a pas été tendre vendredi, dans une émission à la radio algérienne, avec les dirigeants des clubs professionnels qui, selon lui, ne respectent pas la loi, bafouent les droits des joueurs étrangers et contraignent l'Etat à suppléer à leur défaillance.

Le président de la FAF a souligné que la décision prise par la FAF d'interdire le recrutement de joueurs étrangers à partir du prochain mercato n'a aucun lien avec le contexte financier du pays et la politique d'austérité. Ce n'est pas en "en interdisant le recrutement des joueurs étrangers qu’on sauvera l’économie du pays" a-t-il souligné en accès sur les aspects légaux et réglementaire.

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"Un joueur étranger doit payer lui aussi ses impôts. Il doit être assuré et ce n’est pas à l’Etat de payer pour les erreurs des clubs", dit-il, en relevant ce qu'il considère comme des grandes anomalies dans l'octroi de salaires à des joueurs étrangers.

Il a qualifié "d'inadmissible" la décision d'un "club algérois de recruter et de donner surtout un salaire de 280 millions de centimes à un joueur étranger alors qu’il ne jouait pas la saison passée avec son club".

Autre anomalie relevée par Raouraoua : un joueur étranger " a été payé toute la saison dernière, mais n’a pas joué la moindre minute". "Pourquoi les ramener, les payer en devises pour, au final, ne pas les faire jouer ?!" s'est-il indigné.

Raouaraoua a, par ailleurs, rappelé qu'il était "illégal" de recourir au marché parallèle pour payer les joueurs. La FAF, a-t-il dit, a pendant longtemps protégé les clubs mais elle ne le fera plus.

"Nous avons dit stop car on ne pouvait plus continuer ainsi" en se livrant à un véritable réquisitoire contre les dirigeants des clubs et leur manière, peu "scrupuleuse" de gérer les recrutements de joueurs étrangers.

Des joueurs sans protection et sans logement décent

Ces joueurs, a-t-il souligné, ne sont pas "protégés dans leur vie quotidienne", ne sont "pas payés régulièrement", n'ont pas de "logements décents" et n'ont pas de "carte de séjour pour la plupart".

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"Le pire, c’est que les présidents de club recourent au marché parallèle pour les payer, et cela est illégal. Nous avons longtemps protégé les clubs, mais là, basta !". Ces pratiques ont un coût.

"La FAF a payé plus de 92.000 euros représentant les indemnités de formation d’un joueur recruté par le MOB. Si nous ne l’avions pas fait, nous aurions été obligés de défalquer 3 points au club". En un an et demi, la FAF a payé plus d’un million de dollars à la place des clubs.

La fédération ne payera plus pour les clubs, elle appliquera les sanctions prononcées par la FIFA contre eux. "Toute le monde est averti" a-t-il déclaré en dénonçant des recrutements de joueurs étrangers, munis de "certificats de complaisance" qui n'ont jamais été des internationaux dans leur pays. Il a promis de porter plainte si un dossier comporte un "faux".

Raouraoua a expliqué pourquoi cette décision d'interdiction ne s'applique pas aux entraîneurs étrangers qui, eux, viennent avec un "visa de travail".

"C’est la même chose pour un travailleur étranger dans une entreprise algérienne. Les clubs ouvrent des comptes à la Banque d’Algérie pour les payer et suivent la réglementation normale".

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