MAGHREB
14/08/2015 13h:43 CET | Actualisé 17/08/2015 08h:01 CET

Ephemere: La pérennité du festival de musique électronique est assurée avec cette deuxième édition (PHOTOS)

Du 12 au 13 août, l’hôtel de La Playa a vibré sous la musique de la deuxième édition du festival Ephemere.

Si l’enjeu sécuritaire était de taille suite aux attentats du Bardo et de Sousse, l’organisation du festival semble sur ce point avoir tenu ses promesses, bien que le line-up ait connu des bouleversements par le désistement de certains DJs tel que le très attendu Mano Le Tough pour des raisons sécuritaires, provoquant la colère de nombreux “ephémèristes”.

"Vous annoncez une telle information a H-17 juste pour continuer a vendre des tickets...", a commenté un internaute sur la page Facebook officielle du festival.

L’organisation du festival a tout de même tenu à s’expliquer sur sa page Facebook officielle promettant le remboursement aux personnes désireuses d’annuler leur pass.

Ephemere, une réussite sécuritaire?

Si le festival est globalement réussi, c’est parce que les équipes sécuritaires ont relevé le défi.

Sur les 4500 festivaliers présents à La Playa le premier jour, plus de 200 représentants de la sécurité ont été déployés à l’intérieur de l’hôtel. Essia Jaibi, responsable de la presse, a indiqué au HuffPost Tunisie que pour "cette édition, l’amplification du service sécuritaire était nécessaire. Nous avons dû faire appel à une société de sécurité privée afin de venir en aide aux bénévoles et à la sécurité de l’hôtel".

Héla et Ghalia, étudiantes à l’étranger venues pour le festival se sont senties "rassurées" par le dispositif.

"On a hésité avant de venir, mais maintenant qu’on est là, la peur s’est envolée et on a passé une bonne soirée”, a indiqué Héla à une journaliste du HuffPost Tunisie sur place.

Aucun accident majeur n’est à relever, si ce n’est que quelques échauffourées entre festivaliers éméchés.

Quant aux quelques personnes mal en point, la sécurité civile présente sur le site, s’en est chargée en leur procurant des soins avant de les laisser repartir chez eux.

Une scène bipolaire?

Essia Jaibi, a expliqué que pour cette édition les scènes ont été reparties par style musical. De plus, et contrairement à la première édition d’Ephemere, l’espace a été agrandi. La précédente salle alternative destinée à une scène plus locale s’est transformée en scène à l’extérieur. Elle a accueilli quelques personnalités de la musique alternative tunisienne tels que Aly Mrabet, Tarek Louati ou encore le Syrien Omar Souleyman.

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Ahmed, festivalier, s’est montré enthousiaste quant à la création de cette nouvelle scène.

“La scène alternative de cette année est nettement mieux que celle de l’année dernière. En salle, il faisait extrêmement chaud, c’était juste insupportable! Mais cette fois-ci, regardez, tout le monde semble heureux.”

Tout le monde? peut-être pas.

La jolie fresque de Farah Allegue du Design Lab et les quatre chambres destinées à l’art visuel n’auront pas fait oublier à certains festivaliers la saleté des lieux. En effet, au fil des heures, canettes et papiers se sont mêlés par terre. Rapidement le manque de poubelles s’est fait ressentir. Même constat du côté de la scène principale où les détritus ont malheureusement parsemé le sol et l’herbe.

Cette même scène principale a accueilli les ephéméristes amoureux de l’électro et de la techno. Si la plupart des festivaliers semblent s’être déchaînés sur les sets de Hosh ou encore Loco Dice, plusieurs amateurs de cette musique semblaient être déçus par la qualité de la sonorisation.

“Si on s’entend parler, c’est que la sonorisation n’est pas top! Elle ne couvre pas la totalité de la scène principale. C’est dommage”, explique Achref. Son ami Khalil, quant à lui, critique l’installation destinée aux effets visuels. “Je ne sais pas avec quels matériaux ils ont travaillé mais le rendu n’est pas super”.

“C’est bien organisé mais…”

Même si les retours sont majoritairement positifs, cette seconde édition du festival Ephemere n'a pas fait l'unanimité. Marwa, jeune fille de 20 ans, en dresse un bilan mitigé. C’est le prix exorbitant de l’eau qui l’a dérangée. “Ici, on paye une bouteille d’eau d’un litre à cinq dinars (le prix d’un coupon), je ne sais pas pour les autres festivaliers mais je trouve que c’est exagéré.” Elle ajoute par la suite: “Mais bon, on ne va se plaindre. L’ambiance est sympa et ce n’est certainement pas le prix de l’eau qui va me gâcher ma soirée.”

Comme tout festival, l’Ephemere a connu de légers couacs au niveau de l’organisation: la prise des pass au Nero se trouvant à dix minutes à pied de La Playa a soulevé de multiples interrogations.

Mais, l’organisation d’Ephemere aura réussi à ancrer ce festival dans une certaine forme de pérennité. Il est jusqu’à maintenant “THE festival estival pour les amateurs de musique électronique en Tunisie”, assure Yassine, un autre festivalier ravi du spectacle.

Pour Kaïs, grand fan de musique électronique et habitué des festivals en Europe, le bilan est mitigé. "Le chemin est encore long pour qu'un vrai festival se déroule en Tunisie. Ici on se sent observé et oppressé (ndlr: par les forces de sécurité) et la programmation n'est pas éclectique ni abordable au niveau du prix", a-t-il déploré.

Fort du succès de ses deux premières éditions, le festival Ephemere est certainement parti pour durer!

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