ALGÉRIE
13/08/2015 04h:15 CET | Actualisé 13/08/2015 15h:11 CET

Une cinquantaine de morts dans un attentat de l'EI à Bagdad

AFP

Un camion piégé a explosé jeudi dans un marché du quartier chiite de Sadr City à Bagdad faisant au moins 54 morts et des dizaines de blessés, dans un attentat revendiqué par le groupe extrémiste sunnite Etat islamique.

Il s'agit de l'un des attentats les plus sanglants de ces derniers mois dans la capitale irakienne.

Il survient alors que le chef d'état-major de l'armée américaine sortant a estimé qu'une partition de l'Irak "pourrait être la seule solution" pour mettre fin à la difficile cohabitation entre les communautés sunnite et chiite.

L'attentat, survenu à Sadr City, un grand quartier chiite à forte densité dans le nord de la capitale, a eu lieu vers 06H00 (03H00 GMT) dans un marché de fruits et légumes à un moment de grande affluence.

Il a a fait au moins 54 morts et 100 blessés, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, le général Saad Maan.

Les secouristes ramassaient des restes humains sur les lieux, selon un photographe de l'AFP. L'explosion a dévasté le marché, tuant également des chevaux qui tiraient des carrioles chargées de fruits et légumes, a-t-il ajouté.

L'EI, qui considère les chiites comme hérétiques, a revendiqué l'attentat, comme il l'avait fait lundi pour des attaques ayant fait 33 morts au nord de Bagdad..

Une partition ?

Le groupe terroriste a salué dans un communiqué une "opération bénie qui a permis aux soldats de l'Etat islamique de faire exploser un camion piégé" à Sadr City.

Le représentant de l'ONU en Irak, Gyorgy Busztin, a dénoncé une "lâche attaque" et "un acte de terrorisme aveugle destiné à affaiblir la détermination du peuple irakien".

Les attentats comme celui de Sadr City attisent les tensions en Irak et la colère de la communauté chiite, majoritaire dans ce pays.

Le général Raymond Odierno, qui fut le plus haut gradé de l'armée américaine en Irak et qui prend sa retraite cette semaine, s'est montré pessimiste mercredi à propos des tensions entre les communautés chiite et sunnite, qui avaient explosé dans les années 2006-2007 faisant des dizaines de milliers de victimes.

"Cela devient de plus en plus difficile chaque jour", a dit lors d'une conférence de presse Raymond Odierno, interrogé sur la réconciliation entre ces deux communautés, prédisant un avenir dans lequel "l'Irak ne ressemblera plus à ce qu'il était par le passé".

Concernant une éventuelle partition du pays, il ne l'a pas totalement exclue. "Cela pourrait être la seule solution mais je ne suis pas encore prêt à l'affirmer", a-t-il déclaré.

L'Irak comprend trois principales communautés: les Arabes chiites, les Arabes sunnites et les Kurdes. Ces derniers ont déjà leur région autonome dans le nord du pays.

Les Etats-Unis, qui se sont retirés en 2011 d'Irak -- envahi en 2003 --, entraînent des forces irakiennes ainsi que des rebelles en Syrie et dirigent une coalition internationale qui mène des frappes aériennes contre les positions du groupe dans ces deux pays.

"Sorte d'impasse"

La lutte contre l'EI "se trouve dans une sorte d'impasse" mais les Etats-Unis continuent "de progresser", a ajouté le général Odierno.

L'EI a lancé en juin 2014 une offensive fulgurante au nord de Bagdad, s'emparant de larges pans du territoire irakien, comme dans la Syrie voisine où il a tiré profit de la guerre civile.

Fort de dizaines de milliers d'hommes, ce groupe accusé de crimes contre l'Humanité a recours à de multiples exactions -rapts, viols, décapitations, nettoyage ethnique- dans les régions sous son contrôle.

Les forces gouvernementales irakiennes, qui ont connu une déroute totale lors de l'offensive de 2014, cherchent à reprendre du terrain avec le soutien de la coalition mais n'ont jusqu'à présent reconquis que très peu de territoire.

Outre les forces gouvernementales et des milices chiites, les Kurdes participent aux combats contre le groupe jihadiste.

Le ministère allemand de la Défense, qui forme des combattants kurdes, a affirmé jeudi que des peshmergas avaient subi "il y a quelques jours" une attaque à l'arme chimique au sud-ouest d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan.

Il n'a cependant pas précisé qui était à l'origine de l'attaque, précisant que des spécialistes américains et irakiens allaient enquêter sur les lieux.

L'EI a été par le passé accusé d'avoir utilisé des armes contenant des gaz toxiques contre les combattants kurdes en Syrie.

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