MAROC
12/08/2015 08h:33 CET | Actualisé 12/08/2015 12h:16 CET

Lutte contre la pédophilie: Les propositions de Najat Anwar, de l'association "Touche pas à mon enfant"

Shutterstock / Kamira

ABUS SEXUELS - Lundi 10 août, un pédophile marocain a écopé de 8 mois de prison pour viol à répétition sur une petite fille à Taroudant. Le tribunal d’Agadir a prononcé son verdict suite aux aveux de l’épicier. La sentence, jugée trop légère, a soulevé plusieurs réactions d’acteurs de la société civile dont Najat Anwar, présidente de l’association "Touche pas à mon enfant".

Une décision inacceptable

"La position de l’association “Touche pas à mon enfant“ est claire. A chaque nouveau scandale, on demande une décision juste et ce, pour tout le monde. Si le présumé coupable est innocent, il doit être relâché, dans le cas contraire, la peine doit être en accord avec le crime. Aujourd’hui, les juges ne répondent pas aux revendications de l’association. Depuis des années, nous militons pour un jugement plus sévère sans aucun changement."

Des lois qui ne sont pas encore appliquées

"En tant qu’association, nous demandons l’harmonisation des lois marocaines avec les conventions internationales dont le Maroc est signataire. La Constitution marocaine de 2011 prend en compte cela et “s’engage à souscrire aux principes, droits et obligations énoncés dans leurs chartes et conventions respectives“. Il ne reste plus que la mise en oeuvre des conventions signées par le Maroc depuis longtemps. Il ne s’agit plus de changer un seul article ou texte, il faut se concentrer sur l’application de ce que l’on a déjà signé."

Proposition de loi du PAM: "une réelle avancée"

"Nous sommes très heureux qu’un parti s’intéresse enfin à la problématique pour laquelle nous nous battons depuis 11 ans. Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) ouvre la voie à ses confrères. Il s’agit maintenant de faire réagir tous les partis car ce sujet concerne tout le monde, sans exception. Nous avons applaudi la proposition de loi antipédophilie du PAM et appelons l’ensemble des partis à prendre exemple pour faire avancer notre combat."

L'éducation sexuelle en premier

"Il faut tout un processus pour changer réellement les choses. Ce processus doit tout d’abord passer par l’éducation sexuelle. Nous avons proposé l’instauration d’un kit pédagogique au ministère de l’Éducation nationale, qui ne nous a toujours pas répondu. Le kit comprend des longs métrages, des courts métrages ainsi qu’un guide, qui pourront expliquer aux enfants, de manière très éducative, comment se protéger. Il s’agit d’un travail de plusieurs années que l’on cherche à introduire dans le programme scolaire avec un kit adapté pour le primaire, pour le collège et le lycée."

Un travail collectif à mettre en oeuvre

"L’association tient aujourd’hui à lancer plusieurs appels. Tout d’abord au ministère de l’Éducation nationale afin que le ministre réponde aux nombreuses invitations de collaborations que nous lui avons envoyées."

"Au ministère du Tourisme ensuite, dans l’optique de mettre en place des restrictions plus sévères en ce qui concerne l’entrée au Maroc de personnes ayant un casier judiciaire ou ayant été mis en cause dans une affaire de pédophilie.

"Puis au ministère de la Communication, à qui nous avons proposé plusieurs spots télévisés de sensibilisation pour lesquels nous n’avons toujours pas de réponse."

"Nous souhaitons également appeler le ministère de l’Intérieur à honorer le partenariat conclu avec la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN). En effet, le partenariat, qui comprend notamment un suivi de l’enfant par des psychologues durant les dépositions au commissariat, s’est vu enterré par la suite, malgré sa finalisation avec Bouchaïb Rmail (ancien patron de la DGSN, ndlr)."

"Enfin, nous appelons les parents à mettre en place un réel contrôle parental et à être plus vigilant. Un enfant victime d’agression sexuelle présente des symptômes auxquels les parents peuvent réagir en étant plus à l’écoute."

LIRE AUSSI :