ALGÉRIE
12/08/2015 13h:12 CET | Actualisé 12/08/2015 13h:43 CET

Le Parti des Travailleurs apporte son soutien à Benghebrit et dénonce "une dérive grave"

Impact 24

La vive polémique autour de l'enseignement en darja qui dure depuis deux semaines est une "dérive grave" selon le Parti des Travailleurs (PT). Le bureau politique du parti de Louisa Hanoune, réuni mercredi 12 août pour préparer son université d'été, a apporté dans un communiqué son soutien à la ministre de l'Education, Nouria Benghebrit.

"Au lieu d’un débat démocratique sur les recommandations audacieuses de la conférence nationale sur l’école", indique le document, "visant à sortir celle-ci de la médiocrité et du marasme, certaines voix versent dans la diffamation et l’insulte, car incapables d’apporter des arguments pédagogiques et scientifiques à leurs positions confirmant ainsi leur caractère idéologique dogmatique".

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Il s'agit d'une "cabale misogyne et calomnieuse" à l'encontre de Mme. Benghebrit, selon le PT, reprenant une formule déjà employée par sa secrétaire générale.

Pour le parti, l'école doit d'abord être "algérienne, républicaine et donc pensée par des Algériens tenant compte de nos réalités, notre histoire et notre identité".

Contrairement à certaines voix qui s'opposent à l'introduction de la darja en préparatoire et durant les deux premières années scolaires pour faciliter l'apprentissage de l'arabe classique, des voix que le communiqué qualifie de "incapables d’apporter des arguments pédagogiques et scientifiques" et qui "versent dans la diffamation et l’insulte", le PT a réitéré son soutien aux recommandations de la conférence sur l’école, car "porteuses de progrès et traduisant une recherche".

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La même source a également critiqué l'absence de soutien de la part du gouvernement à la ministre de l'Education.

"[Le PT] s’interroge sur le silence assourdissant du gouvernement face au lynchage odieux dont est victime Mme. Benghebrit, la ministre de l’éducation nationale dont les compétences et le courage sont avérés, alors que la conférence a été ouverte par M. le Premier ministre", indique le communiqué.

"Qui veut noyer son chien dit qu’il a la rage"

Le parti des Travailleurs a par ailleurs dénoncé le gel des investissements étatiques "sous couvert" de la chute des cours de pétrole.

Les plans annoncés par le ministre des Transports, Boudjema Talai, de changer le statut de la de la société nationale des transports ferroviaires (SNTF) d'EPIC en SPA, et par conséquent l'arrêt de l'investissement de l'Etat dans cette compagnie, est un "prélude" à la privatisation de cette dernière.

"Le ministre des transports, ignore-t-il que l’article 17 de la constitution protège les chemins de fer comme propriété collective de la nation inaliénable", s'interroge le PT.

Le document relève que les déclarations du ministre ont fait suite à un reportage de la chaîne de télévision publique présentant la SNTF comme une entreprise complètement défaillante. Un procédé qui ressemble à celui mis en oeuvre récemment concernant le CHU de Constantine, une "étrange coïncidence".

Le parti de Mme. Hanoune ne cautionne pas "les insuffisances et lacunes des services publics" dont les responsabilités incombent aux responsables des secteurs concernés, mais s'interroge sur cet étrange procédé, "car qui veut noyer son chien dit qu’il a la rage", pointe le document.

"Veut- on préparer l’opinion publique à la privatisation tous azimuts en présentant un tableau sombre des services publics?", se demande le PT. Pour lui, la privatisation est "un rouleau compresseur", et il rappelle que "c'est une politique similaire qui a ruiné la Grèce, aujourd’hui sous tutelle étrangère".

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