ALGÉRIE
11/08/2015 03h:15 CET | Actualisé 11/08/2015 03h:29 CET

L'OPEP exclut une réunion d'urgence, le baril en baisse de 10 dollars en 2016, selon la Banque Mondiale

khamenei rohani

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) sous influence de l'Arabie Saoudite, le plus grand producteur, a très rapidement fermé la perspective de la tenue d'une réunion d'urgence évoquée dimanche par le ministre algérien de l'énergie, Salah Khebri.

"Il n'y a pas de proposition en vue d'une réunion d'urgence", a indiqué un des délégués de l’OPEP dont les propos sont rapportés par Reuters. La seule rencontre prévue reste la session ordinaire de décembre prochain.

Une réaction rapide que confirme que l'organisation ne va pas "bouger" face à la déprime du marché pétrolier. Il n'y aura donc pas une "intervention stratégique" de l'OPEP pour contrer la chute des prix et la baisse des revenus des pays membres.

Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, ce rejet de la tenue d'une session extraordinaire de l'OPEP intervient au même où la Banque mondiale soulignait que la levée des sanctions économiques contre l'Iran allait avoir un "impact significatif" sur le marché mondial du pétrole.

Ce retour de l’Iran va se traduire, indique la Banque Mondiale dans un communiqué publié le 10 août 2015 sur son site, par une baisse du prix du baril de 10 dollars à compter de l'année 2016.

Dans une étude sur les "incidences économiques de la levée des sanctions contre l'Iran", la Banque Mondiale souligne que "l’éventuel apport d’un million de barils par jour (Mb/j) en provenance de l’Iran fera baisser les prix du pétrole de 14 % ou de 10 dollars le baril en 2016, en l’absence d’intervention stratégique de l'OPEP et des autres pays exportateurs".

Dans la case des perdants

Les gagnants seront les pays importateurs, dont l’Union européenne (UE) et les États-Unis, mais également l'Égypte, la Tunisie ou le Maroc qui bénéficieront de la baisse des prix mondiaux.

Les perdants seront les pays du Golfe, estime la Banque Mondiale. Les pays exportateurs en Afrique du nord comme la Libye et l’Algérie dont les recettes pétrolières ont chuté de manière drastique, sont dans la même case.

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"S’il faudra du temps pour rétablir la production pétrolière en raison du sous-investissement dont souffre le secteur, la majorité des observateurs estiment que les exportations de brut iranien pourront retrouver leurs niveaux de l’avant 2012 d’ici 8 à 12 mois" estime la Banque Mondiale.

Les simulations notent qu’en l’absence d’une intervention "stratégique" de l’OPEP et des autres pays producteurs pour soutenir les prix – en réduisant l’offre – les cours internationaux du pétrole baisseront de 14%.

Avec un recul de 10 dollars, les recettes des pays exportateurs vont pâtir : 40 milliards de dollars de recettes en moins pour l’Arabie saoudite et de 5 milliards de dollars pour la Libye. L’Iran sera le moins touché en termes de recettes grâce à l’augmentation de ses exportations.

L'Iran, estime l'étude, pourrait rapidement exporter entre 400.000 et 500.000 barils en puisant dans ses stocks tout en se préparant à accroitre ses exportations pétrolières.

"Les effets à court terme sur les cours pétroliers resteraient à la baisse, mais moins que ce qui est prévu lorsque les exportations iraniennes retrouveront leur niveau maximum". Le pire est donc encore à venir pour 2016...

Ce mardi matin, les cours du pétrole étaient en baisse en Asie. Le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en septembre cédait 47 cents, à 44,49 dollars. Le baril de Brent, la référence européenne du brut, pour livraison à la même échéance, perdait 45 cents, à 49,96 dollars.

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