MAROC
11/08/2015 07h:38 CET | Actualisé 11/08/2015 07h:45 CET

La Samir annonce une augmentation de capital

La Samir annonce une augmentation de capital
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La Samir annonce une augmentation de capital

CRISE - Lourdement endetté et suspendu de la Bourse de Casablanca après avoir arrêté une partie de sa production, l’unique raffineur du Maroc vient de s’engager sur un plan de restructuration, avec à la clé une augmentation du capital. C’est ce qu’annonce la Société anonyme marocaine de l'industrie du raffinage (SAMIR) dans un communiqué publié mardi 11 août:

"Après accord du président du Conseil d’administration, Cheikh Mohamed Hussein Al Amoudi, la direction générale a décidé la mise en application des recommandations de la Banque d’affaires Attijari Finances Corp en ce qui concerne la restructuration financière de la société. A cet effet, la direction générale de la Samir informe de la tenue de son Conseil d’administration le 8 septembre 2015 afin de convoquer son Assemblée générale extraordinaire le 12 octobre 2015 pour concrétiser l’opération d’augmentation du capital selon le plan de restructuration financière adopté en étroite collaboration avec tous les partenaires".

La Samir s'était déjà engagé sur un plan de restructuration, sans jamais tenir son engagement, rappelle Médias 24, qui a révélé l’arrêt d’une partie de l’activité du raffineur mercredi 5 août. Dans son communiqué, l’entreprise implantée à Mohammedia affirme qu’elle "continue d’approvisionner le marché national en produits pétroliers, contrairement à ce qui a été annoncé par certains médias".

Même si, le 6 août, elle a reconnu que "l’approvisionnement de la raffinerie en pétrole brut enregistrera un retard en raison des difficultés financières de la société. Ce retard entraînera l’arrêt momentané des unités de production".

Le ministère réagit suite aux "défaillances de la Samir"

Après l’annonce de la réduction drastique des activités de la Samir, le 5 août, le marché n’a pas tardé à réagir puisque le titre Samir a abandonné 10% de sa valeur clôturant à 127,8 dirhams mercredi 5 août à la Bourse de Casablanca. Le lendemain, la cotation valeur Samir a été suspendue par le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), l’organisme gouvernemental qui régit la place financière marocaine.

En raison des inquiétudes grandissantes sur les possibles répercussions de la crise de la Samir sur l’approvisionnement du marché local, le ministère de l’Energie et des mines a tenu à rassurer le marché, vendredi 7 août. "Devant ces défaillances de la Samir, les autorités publiques sont décidées à prendre toutes les dispositions et les mesures légales pour se prémunir contre ces manquements dans le futur", a indiqué le département de Abdelkader Amara. Lequel n’a pas manqué de rappeler que la Samir a l’obligation légale d’avoir en permanence un stock de sécurité.

Un an sans voir le bout du tunnel

Cela fait près d’un an que l’entreprise fondée en 1959 et introduite en bourse en 1996 traverse une période de turbulences. Fin 2014, le raffineur avait annoncé une perte substantielle sur l’exercice 2014. Ses pertes s’étaient en effet chiffrées à 3,42 milliards de dirhams, un niveau record, ce qui l’avait amenée à émettre un profit warning le 10 décembre 2014. Depuis janvier 2015, le groupe a perdu plus de 46% de sa valeur.

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