ALGÉRIE
11/08/2015 10h:27 CET | Actualisé 11/08/2015 10h:49 CET

La "mésentente" est réelle entre la Présidence et les Services (DRS), selon un officier à la retraite

La mésentente entre la présidence de la République et le département du renseignement et de sécurité (DRS) est une réalité. C'est l'intime conviction du colonel à la retraite Mohamed Khalfaoui qui était, aujourd'hui, l'invité de l’émission matinale "Qahwa ou Journane" de Mohamed Osmani sur Ennahar TV.

Outre la dissolution du Groupe d'Intervention Spéciale (GIS), confirmée par l’hôte de Mohamed Osmani, qui y voit un amoindrissement de "l'efficacité des services de sécurité au lieu de les renforcer", le président aurait décidé également de mettre la sécurité présidentielle sous supervision de la Garde républicaine.

Les différentes dissolutions qui ont touché à des directions multiples du DRS posent dans les faits, selon Mohamed Khelfaoui, un "problème de coordination entre les différents services".

A moins de créer une direction de coordination au niveau de la présidence de la République, on vient de créer un véritable dysfonctionnement entre les différents appareils de sécurité, estime-t-il.

Si la dissolution de certains services relèvent du correctif normal dans le fonctionnement de tout appareil, "la manière dont les choses ont été faites est, elle, anormale", affirme l’officier retraité du DRS.

Un problème de confiance

Selon lui, il existe des "intimidations claires entre personnes". "Tout observateur ne peut occulter le problème de personnes mais on ne met pas en péril la sécurité du pays pour des différends personnels", souligne-t-il.

La dissolution du GIS et l'affectation de la sécurité présidentielle à la garde républicaine sont les révélateurs d'un "manque de confiance", selon M.Khalfaoui.

Pour lui, "la présidence renforce sa sécurité avant tout, ce qui est légitime. Mais de là à déstabiliser les autres services au moment où le ministre de l'intérieur évoque des dangers internes et externes" cela pose problème et il est de nature à faire perdre confiance aux citoyens.

Pour M.Khalfaoui, la situation interne et externe impose "le renforcement des appareils sécuritaires" plutôt que "la fragilisation en cours". Pour lui, la "lutte entre les institutions peut mettre en danger le pays. En 24 heures, l'Algérie peut devenir la Syrie."

Le GIS a fait ses preuves

M.Khalfaoui a affiché son incompréhension à l'égard de la dissolution du GIS. "Tous les services de renseignement dans le monde ont des groupes d’interventions spéciales". Quand on prend la décision de dissoudre un corps, ajoute-t-il, "cela sous-entend qu'il inutile. Or ce n'est pas le cas.".

Le GIS, a-t-il poursuivi "est une force qui a fait ses preuves que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du pays. Ce sont des forces spéciales qui ont reçu une formation spéciale et onéreuse pour mener des missions très spéciales". Sa dissolution, poursuit-il, ne peut être interprétée que comme "une défiance, crainte ou appréhension."

L'ancien colonel à la retraite du DRS relève que l'armée qui mène un combat contre le terrorisme est, aujourd'hui en charge de nouvelles missions notamment la lutte contre la contrebande. "Il ne faut pas que l'armée soit entraînée dans une guerre d'usure. Le commandement connait parfaitement les conséquences d'une telle entreprise".

Il est nécessaire de s'adapter aux nouvelles formes du terrorisme international notamment Daech dont "l'objectif n'est pas de parvenir à la construction d'un Etat mais à détruire tous les Etats". " Ce terrorisme-là entraîne la chaos", précise-t-il encore.

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