MAROC
10/08/2015 09h:33 CET | Actualisé 10/08/2015 09h:35 CET

Affaire du lynchage de Fès: La victime demande un dirham symbolique

Affaire du lynchage de Fès: La victime demande un dirham symbolique
Affaire du lynchage de Fès: La victime demande un dirham symbolique

JUSTICE – L’homme lynché à Fès par une dizaine de personnes fin juin parce qu’il portait une robe a demandé, lors du procès qui s’est déroulé vendredi 7 août, un dirham symbolique de dommages et intérêts.

Idriss El Hadrouki, l’un de ses avocats joint par le HuffPost Maroc, a expliqué que l’atteinte à la dignité de la victime dépassait de loin une quelconque compensation financière.

"Nous avons soutenu, devant le procureur du roi, qu’il s’agissait d’un acte violent et dangereux, qui portait atteinte à la sécurité physique et à la dignité de la personne, et qui était contraire aux droits humains fondamentaux", explique M. El Hadrouki. "Nous avons également rappelé que personne n’avait le droit de se substituer à la justice".

De leur côté, les avocats des deux personnes arrêtées dans cette affaire ont insisté sur le fait que la victime avait provoqué les gens en marchant dans la rue vêtu d’un drap porté comme une robe, en plein mois de ramadan.

Verdict le 13 août

"Le procureur du roi a rappelé que personne n’avait le doit de se faire justice elle-même, et que le fait d’être habillé de cette manière n’était pas un crime", indique l’avocat, ajoutant qu’"il n’y a pas eu d’atteinte à la pudeur, puisque l’homme ne s’est pas déshabillé".

En attendant le verdict du jugement, qui sera annoncé jeudi 13 août, l’avocat reste confiant: "les accusés risquent la prison", indique-t-il, tout en déplorant le fait que seules deux personnes aient été poursuivies par la justice, "alors qu’ils étaient des dizaines à avoir participé au lynchage".

Suite à l’agression de Fès, les ministères de la Justice et de l’Intérieur avaient réagi dans un communiqué conjoint, dans lequel ils rappelaient que "tout acte en vue de se substituer à la justice ou aux forces de l’ordre est totalement illégal" appelant "les personnes qui constatent une infraction à la loi" à en aviser immédiatement "les autorités judiciaires et les services de la police ou de la gendarmerie royale".

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