MAGHREB
07/08/2015 09h:13 CET | Actualisé 07/08/2015 09h:13 CET

Tunisie: Désaccord entre les membres de la commission parlementaire chargée de l'affaire des détenus torturés

Al Bawsala

Les informations contradictoires se multiplient concernant l'affaire des sept détenus arrêtés après leur libération et sur lesquels des actes de torture auraient été commis.

Pour ne pas arranger les choses, la commission parlementaire créée au lendemain de cette arrestation afin d'enquêter sur l'affaire, se retrouve divisée.

"La commission n'a toujours pas statué. Les propos du député qui affirme que les détenus n'ont pas été torturés n'engagent que lui", a déclaré au HuffPost Tunisie Naoufel Jammali, député Ennahdha et membre de la commission.

Jeudi, Noureddine Ben Achour, député UPL et également membre de la commission avait déclaré à la TAP que les suspects n'avaient pas été "enlevés" et que "les traces retrouvées sur leurs corps ne pouvaient être associées à des actes de torture".

Selon les propos rapportés par l'agence de presse tunisienne, le député aurait évoqué des "corrections" subies par les détenus.

"Il existe un désaccord entre les membres de la commission, mais nous avions convenu d'attendre le rapport du médecin légiste avant de communiquer nos conclusions. Noureddine Ben Achour a rompu ce pacte", a déploré Naoufel Jammali.

Mardi, sept personnes suspectées de crimes liés au terrorisme avaient été relâchées par le juge d'instruction après avoir passé six jours en garde à vue. Une plainte avait également été déposée par leurs avocats concernant des actes de tortures qui auraient été commis par des agents de la brigade antiterroriste.

A leur sortie du tribunal de Première instance, les sept suspects ont de nouveau été arrêtés par des policiers en civil, une arrestation jugée illégale par leurs défenseurs.

Le lendemain, le ministre de l'Intérieur Najem Gharsalli a affirmé que cette arrestation avait été opérée après l'autorisation du Parquet, ce qui avait été démenti par l'Observatoire tunisien pour l'indépendance de la magistrature, mais également par Mohamed Salah Ben Aïssa, ministre de la Justice.

"Il est vrai qu'il y a eu un retard dans l'émission de l'autorisation du Parquet", a en effet avoué M. Ben Aïssa sur Shems FM, justifiant néanmoins ce non respect des procédures par les nécessités de la lutte contre le terrorisme.

Malgré cet aveu, Noureddine Ben Achour a assuré que "la commission avait bien vérifié que cette arrestation coïncidait avec l'émission d'une décision du procureur de la République".

"Même le ministre de la Justice a déclaré que l'arrestation s'est faite sans l'autorisation du Parquet. On ne peut pas être plus royaliste que le roi!", a rétorqué Naoufel Jammali.

Plusieurs organisations ont dénoncé les pratiques des forces de sécurité et le non respect des procédures. La Ligue tunisienne pour la défense des droits humains a indiqué mercredi soir avoir constaté des traces de torture sur les corps de cinq détenus transférés à l'hôpital Charles Nicole à Tunis.

Vendredi matin, la commission parlementaire n'avait pas encore eu accès au rapport du médecin légiste.

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