ALGÉRIE
07/08/2015 05h:17 CET | Actualisé 07/08/2015 06h:28 CET

Le chef de la police avertit les troupes: radiation immédiate pour tout usage intempestif de l'arme de service

Octobre 2014, une manifestation sans précédent de policiers devant la présidence
Wass
Octobre 2014, une manifestation sans précédent de policiers devant la présidence

Utiliser son arme de service en dehors d’un cadre professionnel strict se traduira désormais par un licenciement "immédiat" pour les policiers, selon une instruction ferme qui aurait été adressée par le Directeur Général de sûreté nationale, le général-major Abdelghani El Hamel, selon El Khabar.

Le journal qui cite des "sources sures" indique que l’instruction a été envoyée, il y a deux jours, à tous les membres du corps de la police et dispose que tout agent ou officier de police qui utilise son arme individuelle de manière "anarchique" sera radié.

Tous les policiers ont été invités à signer l’instruction en question envoyée à toutes les structures relevant de la sureté nationale. Tout usage intempestif de l’arme individuelle, tirs en l’air durant les fêtes de mariage, brandir son arme en dehors d’un cadre professionnel pour menacer les gens ou lors de disputes, est sanctionné par le licenciement immédiat.

Le Directeur général de la sureté a décidé de faire de la menace de licenciement l’arme de dissuasion contre les usages peu professionnels voire anti-professionnel des armes à feu par les éléments de la police.

LIRE AUSSI: Relizane: un policier se donne la mort avec son arme à feu de service

Deux graves incidents à Constantine

Selon les sources citées par El Khabar, ce sont deux incidents survenus à Constantine et dont les "héros" ont été deux policiers qui a conduit le directeur de la sûreté nationale à prendre cette instruction radicale.

Le premier incident concerne un policier de l’inspection régional de la police qui a causé la mort d’une jeune fille de 24 ans lors d’une fête de mariage au quartier de Djennane Zitoune.

Le policier a sorti son arme pour participer à la fête et en a fait usage. Une balle "perdue" a touché la jeune fille à la tête. Le policier a été arrêté sous l’accusation de coups et blessures avec usage d’arme ayant entraîné la mort.

Le second incident concerne un policier du service du matériel de la sûreté de wilaya de Constantine qui tiré sur sa femme. "Fort heureusement", il a raté son coup.

L’épouse a cependant porté plainte auprès de services de sécurité qui ont procédé à l’arrestation du mari sous l’accusation de tentative d’homicide volontaire.

Les deux policiers ont été présentés devant le procureur de la république qui a décidé de les placer en détention provisoire.

L’instruction, précise la source citée par El Khabar, insiste sur le fait que l’usage légitime des armes individuelles lors de l’accomplissement des missions dans un cadre professionnel (lutte contre la criminalité) n’est pas remis en cause. Tous les éléments en fonction ont été astreints à signer l’instruction, indique le journal.

Le 2 aout dernier, une retentissante affaire d'usage "non professionnel" d'arme à feu a eu lieu aux Issers où un lieutenant de la gendarmerie a tué une jeune fille de 24 ans et blessé sa sœur avec qui il était en relation et sa mère en usant d'un pistolet mitrailleur de type kalachnikov. En cavale, il a tenté de forcer un barrage à Bouira où il a blessé deux gendarmes avant d'être tué.

LIRE AUSSI:

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.