MAGHREB
06/08/2015 07h:58 CET | Actualisé 06/08/2015 08h:11 CET

Tunisie: Des organisations dénoncent les dépassements sécuritaires, le gouvernement se défend

FILE - This photo dated May 23, 2014, shows banners hanging on the fence of the Tunis courthouse in Tunisia, in support of a blogger. The arrest for drug possession of Aziz Amami, a prominent blogger from the 2011 revolution that overthrew Tunisia’s police state, prompted protests and a renewed effort to amend draconian drug laws that many say are used by police to abuse their enemies. On Sunday, Tunisians are set to vote in parliamentary elections that will nearly complete the democratic t
ASSOCIATED PRESS
FILE - This photo dated May 23, 2014, shows banners hanging on the fence of the Tunis courthouse in Tunisia, in support of a blogger. The arrest for drug possession of Aziz Amami, a prominent blogger from the 2011 revolution that overthrew Tunisia’s police state, prompted protests and a renewed effort to amend draconian drug laws that many say are used by police to abuse their enemies. On Sunday, Tunisians are set to vote in parliamentary elections that will nearly complete the democratic t

Les sept suspects arrêtés immédiatement après leur libération ont-ils subi des actes de torture? Après les avocats et certains députés, la Ligue tunisienne de défense des droits humains (LTDH) l'affirme, dans un communiqué publié mercredi soir.

Abdessatar Ben Moussa, le président de la LTDH, s'est rendu à l'hôpital Charles Nicole à Tunis où cinq des sept suspects "lui ont montré des traces de torture", dénonce l'organisation.

Les hommes ont ensuite été examinés par le médecin légiste "qui a constaté les traces de torture et en déterminera les causes (...) dans un rapport médical", précise le communiqué.


Sept personnes avaient été relâchées mardi par le juge après avoir été placées en garde à vue pendant six jours. A leur libération du Tribunal, elles ont de nouveau été arrêtées par les forces de l'ordre dans des conditions dénoncées par plusieurs avocats et certains représentants politiques.

Le lendemain, le ministre de l'Intérieur Najem Gharsalli a assuré que la mise en détention était parfaitement légale et qu'il n'y avait pas de preuve que les détenus aient subi des actes de torture.

Cette version du ministre a été démentie quelques heures plus tard par l'Observatoire tunisien pour l'indépendance de la magistrature (OTIM). L'organisation de magistrats affirme en effet que la dernière arrestation s'est produite sans l'autorisation du Parquet, une autorisation qui serait parvenue quelques heures plus tard.

"La lutte contre le terrorisme ne saurait être gagnée qu'avec la confiance dans les institutions de l'Etat et le respect de la loi", a également prévenu l'Ordre des avocats tunisiens (ONAT) mercredi.

Pour mettre fin aux dépassements commis par les forces de l'ordre, l'ONAT appelle à la révision du Code de procédure pénale afin de permettre aux avocats d'être présents auprès des suspects, y compris au moment des investigations préliminaires. Il appelle enfin le gouvernement à poursuivre et à sanctionner les agents coupables de dépassements et à mettre fin à "l'impunité".

Les forces de sécurité "ont entrepris l'arrestation des sept suspects sur la base d'actes terroristes nouveaux", s'est défendu le ministère de la Justice, corroborant la version de l'Intérieur et assurant que la présence d'actes de torture sur les prévenus était "en cours de vérification".

LIRE AUSSI: Torture policière ou arrestation légale? L'affaire des sept personnes "enlevées" prend de l'ampleur

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