MAROC
06/08/2015 09h:49 CET | Actualisé 06/08/2015 09h:49 CET

Réduction drastique des activités de raffinage de la Samir

Samir: Les temps sont durs
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Samir: Les temps sont durs

CRISE - Les temps sont durs pour l'unique raffineur du Maroc. Mercredi 5 août, la Société anonyme marocaine de l'industrie du raffinage (Samir) suspendait ses activités de raffinage, révélait Médias 24.

Quelques heures plus tard, l’entreprise implantée à Mohammedia confirmait dans un communiqué publié en fin de journée qu’elle faisait face à des difficultés.

"L’approvisionnement de la raffinerie en pétrole brut enregistrera un retard en raison de la situation sur le marché international et des difficultés financières de la société. Ce retard entraînera l’arrêt de certaines unités de production. Les livraisons de la société en produits raffinés, continueront en fonction des stocks disponibles, et ce, jusqu’à la reprise totale des unités de production prévue vers mi-août".

Le marché n’a pas tardé à réagir puisque le titre Samir a abandonné 10% de sa valeur clôturant à 127,8 dhs mercredi 5 août à la Bourse de Casablanca.

Ce jeudi, la cotation valeur Samir a été suspendue, indique au HuffPost Maroc une source au Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), l’organisme gouvernemental qui régit la place financière marocaine. Le gendarme de la bourse attend de la Samir la publication d’un nouveau communiqué donnant plus de précision quant à sa situation, pour la suspension du titre.

Communiqué qui ne devrait pas tarder à être publié selon la direction de la Samir, contactée par le HuffPost Maroc.

La raffinerie n’a en revanche pas émis de profit warning. L'Etat-major du raffineur est réuni en ce moment-même pour décider de la pertinence d'émettre (ou pas) un avertissement sur résultat.

Faut-il craindre pour autant des problèmes d’approvisionnement du marché local? Non, à en croire une source au sein du ministère de l'Energie et des mines, qui confie que les stocks disponibles ainsi que les importations pourront permettre de faire face à cette situation de crise. D'ailleurs, Abdelkader Amara suit de près l'évolution de cet épineux dossier. Selon les sources du HuffPost Maroc, des négociations sont en cours entre son département et le raffineur pour trouver une issue favorable à ce dossier.

Lourdement endetté auprès du secteur bancaire marocain et international et touché par le recul des cours de pétrole, le raffineur traverse une période difficile depuis près d’un an. Fin 2014, la Samir avait annoncé une perte substantielle sur l’exercice 2014. Ses pertes s’étaient en effet chiffrées à 3,42 milliards de dirhams, un niveau record, ce qui l’avait amenés à émettre un profit warning le 10 décembre 2014. Depuis janvier 2015, le groupe a perdu plus de 46% de sa valeur.

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