MAGHREB
05/08/2015 07h:44 CET | Actualisé 05/08/2015 07h:46 CET

L'Inde abandonne la censure de sites pornos sous la pression de ses internautes

A l'instar de ce site pornographique, plus de 800 adresses pornos ont été bloqués sur demande du gouvernement indien
AFP
A l'instar de ce site pornographique, plus de 800 adresses pornos ont été bloqués sur demande du gouvernement indien

PORNOGRAPHIE - Après quelques jours d'inquiétude, les internautes indiens pourront finalement continuer à visionner librement des films pornos sur Internet.

Le ministère des télécommunications avait demandé samedi aux fournisseurs d'accès à internet de bloquer 857 sites pornographiques jugés "répréhensibles" car contraires à la "moralité" ou présentant des contenus pédophiles. Une liste qui avait beaucoup fait parler d'elle en France puisqu'y figurait l'adresse du site du quotidien régional français Le Dauphiné Libéré.

Problème: cette interdiction, la première du genre émanant du gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi, a suscité un tollé tout en étant tournée en dérision, ce qui a contraint les autorités à revenir sur leur décision mardi soir, et à autoriser l'accès aux sites en question à l'exception de ceux diffusant des contenus pédopornographiques.

Manque de clarté sur les consignes ministérielles

"Les fournisseurs d'accès sont libres de permettre l'accès aux sites qui avaient été interdits et ne présentant pas de contenu pédophile", a déclaré un porte-parole du ministère mercredi à l'AFP. Certains fournisseurs ont cependant expliqué attendre davantage d'éclaircissements de la part des autorités, jugeant que la nouvelle directive leur laissait la responsabilité d'empêcher l'accès aux contenus pédophiles.

"C'est un ordre très très vague. Tant que nous n'aurons pas de réponses claires, nous continuerons de bloquer les sites", a ainsi dit à l'AFP Rajesh Chharia, président de l'Association des fournisseurs d'accès indiens. Ce dernier n'a pas précisé s'il bloquerait le site du Dauphiné Libéré.

Les autorités indiennes nourrissent une certaine défiance vis-à-vis d'internet. En 2012, le gouvernement avait été accusé de censure massive lorsque 300 URLs avaient été interdites d'accès - dont des pages sur Facebook et Twitter - au prétexte qu'elles envenimaient les tensions ethniques.

Selon le site pornographique Pornhub, l'Inde était sa quatrième source la plus importante de trafic, après les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada.

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