MAROC
05/08/2015 13h:00 CET | Actualisé 05/08/2015 13h:02 CET

Formation professionnelle: 4 questions pour comprendre la stratégie nationale 2021

STRATÉGIE - S’adapter à une économie en perpétuel changement: voici le principal enjeu de la stratégie nationale de la formation professionnelle 2021, qui vient d’être approuvée en Conseil de gouvernement. Longtemps reléguée au second plan, la formation professionnelle bénéficiera désormais de moyens financiers et humains considérables. Le point en quatre questions.

Quelle place occupera la formation professionnelle dans les manuels scolaires?

C’est l’un des principaux changements apportés par la stratégie élaborée par le département de Rachid Belmokhtar, ministre de l’Education nationale et de la formation professionnelle.

"Dès le primaire, les élèves seront sensibilisés aux métiers, tandis qu’au secondaire, des cours pratiques et des ateliers de formation seront introduits. L'élève pourra ainsi tester ses goûts et ses aptitudes avant de choisir", explique au HuffPost Maroc Khalid Berjaoui, ministre délégué en charge de la formation professionnelle.

Ces cours d’initiation conduiront au baccalauréat professionnel, si l’élève se décide à suivre cette voie. "A terme, l’objectif est de fusionner l’éducation nationale avec la formation professionnelle", indique Khalid Berjaoui.

D’où proviennent les fonds?

Le financement, nerf de la guerre de cette stratégie censée épauler l’économie du pays, est assuré par des acteurs marocains et internationaux. Le ministère de l’Education nationale comptera aussi bien sur ses fonds propres que sur des aides assurés par l’Etat marocain et l’OFPPT, l'Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail. La Banque mondiale, l’USAID et l’Union européenne participent également au financement de cette stratégie, dont le budget global n’a toutefois pas été dévoilé.

Qui seront les bénéficiaires?

En mobilisant des moyens financiers et humains substantiels, le Maroc entend bien "généraliser la formation professionnelle et son accès au plus grand nombre", explique le ministre en charge de la formation professionnelle. Outre les élèves et les étudiants, les salariés, du privé comme du public, pourront être accompagnés, y compris durant leur période de chômage.

Quelles seront les filières concernées?

"Cela dépendra des besoins du marché", répond Khalid Berjaoui. Les métiers de l’industrie automobile et de l’aéronautique, en plein essor, seront largement privilégiés. Cela s’explique notamment par le lancement d’un écosystème des métiers de l’automobile par le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Alami, qui a permis d’attirer un premier constructeur automobile ainsi que plusieurs sous-traitants. Il en est de même pour l’aéronautique, qui aura bientôt un fonds d’investissement dédié.

Les métiers plus "ancrés" comme ceux de la construction, de la restauration et du tourisme, qui pâtissent d’une pénurie de profils qualifiés, seront enseignés avec plus d’exigence. Pour Rachid Belmokhtar, l’OFPPT, principal acteur de la formation professionnelle au Maroc, devra "tenir compte des nouvelles exigences de compétitivité des entreprises et de l’économie nationales, d’amélioration de l’employabilité des jeunes et de promotion socioprofessionnelle".

En attendant le déploiement de cette stratégie qui s’étend sur six années, les obstacles restent nombreux: le financement, l’inappétence des étudiants pour les métiers techniques, ou encore l’inadéquation entre certaines formations et les besoins du marché.

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