ALGÉRIE
05/08/2015 07h:02 CET | Actualisé 05/08/2015 07h:13 CET

Alger face à un horizon pétrolier bouché: l''OPEP fait le mort, les majors rognent sur leurs investissements

pétrole

L'Algérie lancera-t-elle comme il était prévu son cinquième appel d'offres dans les hydrocarbures au cours du troisième trimestre ? La question se pose dans un contexte de marché déprimé qui pousse déjà les grandes entreprises pétrolières mondiales à annuler ou à reporter d’importants projets pétroliers.

Selon le cabinet Wood Mackenzie, les grandes entreprises pétrolières et les groupes parapétroliers ont reporté des investissements de plus de 280 milliards de dollars. Le groupe anglo-néerlandais Shell, qui a annoncé jeudi dernier 6500 suppressions d'emplois, est très pessimiste sur l'évolution des cours pétroliers.

Outre les suppressions d'emploi, Shell va réduire son investissement en prévision d'une faiblesse des cours qui "pourrait durer plusieurs années". Les investissements de Shell devraient atteindre 30 milliards de dollars en 2015, soit une réduction de 7 milliards par rapport à l'an dernier.

Les chiffres sont éloquents: le nombre des forages dans le monde est passé 3736 en janvier 2014 à 2136 en juin 2015. Les cours du pétrole de 89,92 dollars le baril en août 2010 à 47,52 fin juillet 2015.

La tendance est générale chez les grands groupes pétroliers. Le nombre d'emploi supprimé par le secteur pétroliers dépasse les 150.000. Les entreprises américaines ont fermé de nombreux puits du fait de la baisse des cours mais elles se concentrent sur les plus rentables. Du coup, cela aurait peu d'impact sur la production qui reste stable.

De quoi poser la question d'un appel d'offres au cours du "troisième trimestre 2015" comme l'avait évoqué le PDg de Sonatrach, Saïd Sahnoun dans une déclaration à l'agence Reuters.

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Le contexte parait encore plus déprimé que lors du lancement du quatrième d'appel d'offres, lancé en septembre 2014 par l'Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), qui s'est soldé par un échec avec seulement 4 périmètres attribues sur les 31 proposés.

Nazim Zouioueche, ancien Pdg de Sonatrach, a qualifié les résultats de "décevants" et constatait que les "multinationales ne se bousculaient pas sur ces périmètres."

El-Badri: L'OPEP ne réduira pas sa production

L'idée, annoncée vaguement par le ministre algérien de l'énergie, Salah Khabri, d'une réunion extraordinaire de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (OPEP) pour faire face à la baisse des prix parait des plus irréalisables.

Le 30 juillet dernier, de Moscou, le secrétaire général de l'OPEP Abdallah El-Badri a évacué l'idée d'une baisse des quotas de production de l'OPEP. Ni la chute des cours, ni le retour annoncé d'un surcroit de production iranienne, ne fait dévier le choix, saoudien, de défendre les "parts de marché" de l'organisation.

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"Nous ne sommes pas prêts à réduire notre production", a-t-il déclaré en laissant entendre que l'unique rencontre en vue de l’OPEP est sa session ordinaire prévue en décembre prochain à Vienne.

El-Badri fait preuve même d'un optimisme à toute épreuve - et qui rend la perspective d'une réunion extraordinaire improbable - en déclarant qu'il ne s'attend pas "à ce que les prix baissent car la demande est en hausse".

"La situation actuelle est un test pour tous, producteurs et investisseurs... Quant aux prix... il ne fait pas de doute qu'ils rebondiront, il est juste trop tôt pour dire quand cela arrivera."

Faut-il prendre le risque d'un 5ème appel d'offres?

Le plafond collectif de production de l'OPEP, dépassé dans les faits, est de 30 millions barils/ jour. Après une chute de 50% en 2014, le prix du baril a connu une stabilisation relative au début de l'année 2015 avant de reprendre un mouvement à la baisse au cours des dernières semaines.

Les grands groupes pétroliers s'adaptent au contexte avec des réponses classiques : suppression d'emploi et annulation ou report des investissements dans un secteur pétrolier bouleversé par la production américaine de pétrole et de gaz de schiste.

Un état de surabondance que les saoudiens ont décidé de ne pas compenser par une baisse de la production de l’OPEP. Ce recul des investissements des grands groupes pétroliers ne pèsera pas sur la production avant quatre ou cinq ans estiment les experts.

Dans un tel contexte où les groupes pétroliers annulent ou réduisent leurs investissement et après un quatrième appel d’offres décevant faut-il se risquer à lancer un cinquième dans les prochains mois voire même en 2016 ?

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