ALGÉRIE
04/08/2015 11h:59 CET | Actualisé 04/08/2015 13h:46 CET

Incidents au camp de vacances de Souk El-Tenine: un député accuse l'agence Analj de "détourner des milliards"

souk el tenine bejaia

La plage de Souk El Tenine vue du ciel

Les vacances à Souk El-Tenine (Bejaïa) ont pris fin brutalement dans la soirée du 29 au 30 juillet dernier pour des centaines de jeunes de Béchar venus prendre le frais, dans le cadres des activités de l'Agence nationale des loisirs de jeunes (ANALJ), loin des grandes chaleurs.

Des affrontements ont eu lieu avec des jeunes de la commune qui ont conduit le ministère de la jeunesse et des sports à les évacuer vers Zéralda.

Après les jeunes de Béchar, ce sont les "vacanciers" de Tamanrasset, 600 personnes dont 78 femmes, qui ont été évacués vers Zéralda, selon la députée RND, Zina Ikhelef, citée par le journal L'Expression.

La députée met en cause l'employé de l'Analj qui "ne semble pas vouloir prendre au sérieux la situation" et insiste sur le fait que l'évacuation n'est pas le fait d'un rejet des citoyens de Souk El Tenine mais "pour des conditions liées aux commodités d'accueil, que l'agence en question na pas réunies".

1700 personnes dans un camp prévu pour 800

Même si plusieurs versions circulent sur les raisons de ces violences un fait établi, et vivement dénoncé par le député FFS de la circonscription de Bejaïa, Chafaâ Bouaiche: les "vacanciers", plus de 1700, étaient entassés dans un camp qui ne pouvait contenir que 800 personnes.

1000 personnes de trop dans un espace réduit, cela est suffisant pour générer des tensions. Un véritable gâchis et une triste affaire...

Le député Chafaâ Bouaiche qui a mis en cause les responsables de l'ANALJ dans ce gâchis est revenu aujourd'hui à la charge en demandant, dans une lettre publiée sur sa page Facebook, au ministre de la jeunesse et des sports d'ouvrir une 3enquête sur les milliards détournés par l'ANALJ !".

Le député apporte aussi des éléments d'informations édifiants sur l'écart, très substantiel, entre le cout présumé de la prise en charge des vacanciers, 4000 dinars par personne/jour et le cout réel facturé par la direction du camp de toile, 1500 dinars par personne/jour.

Un écart de 2500 dinars par personne/jour qu'il faut multiplier par 1700 personnes… Cela en fait des sous…

"Un simple calcul vous montrera que le budget est de l'ordre de 23 milliards de centimes. Sur le terrain, l'agence de tourisme a signé une convention avec la direction du camp de toile pour seulement 1500 dinars par personne jour. Un simple calcul révèle le détournement de quelques 14 milliards de centimes !" s'indigne le député.

"Détourner l'argent destiné à la prise en charge de jeunes algériens est un crime commis par les responsables de l'ANALJ !" écrit Chafaâ qui demande à ce qu'ils répondent de leur acte devant. "Ils doivent être punis pour servir d'exemple à tout responsable en charge de gérer l'argent public".

A Aïn El Turck aussi

L'Analj est également sur la sellette à Oran où, rapporte le journal El Watan, 600 jeunes de Ouargla, âgés en 18 et 25 ans, "ont vécu le calvaire" dans un centre de vacances à Aïn El Turck.

Le camp, rapporte le journal, était "insalubre et les conditions de vie des plus précaires" et beaucoup de jeunes ont choisi de "rebrousser chemin". "Un cadre de la direction de la jeunesse et des sports de la wilaya d’Oran impute la responsabilité de cette situation à l’ANALJ."

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