ALGÉRIE
03/08/2015 14h:57 CET | Actualisé 04/08/2015 03h:36 CET

Hanoune attaque violemment Ali Haddad et fustige une "cabale misogyne" contre Benghebrit

louisa hanoune

Louisa Hanoune a décidé de parler régulièrement à la presse pour commenter l’actualité. Elle l’a fait encore ce lundi, en marge d’une session ordinaire du bureau politique du Parti des travailleurs.

Elle a de nouveau étrillé le chef du Forum des chefs d’entreprises (FCE) et qualifie son plan émergence de programme d’un candidat d’extrême-droite à la présidentielle. Elle a apporté son soutien à Nouria Benghebrit dans la polémique au sujet de l’introduction du dialectal qui fait l’objet, selon elle, d’une «cabale misogyne»

Louisa Hanoune n’a pas été économe en attaque contre l’homme d’affaires Ali Haddad, le chef du FCE. Elle assure qu’elle n’a pas de problèmes avec sa « famille » mais avec Ali Haddad lui-même car il « défend le point de vue de l’oligarchie qui veut la disparition de l’Etat » et que « l’Algérie devienne une vaste zone franche ».

La chef du Parti des travailleurs en revient, presque, aux distinctions en cours dans les années 70 entre propriété privée « exploiteuses » et « non exploiteuses ». Elle oppose Ali Haddad, « l’oligarque » à la « famille Haddad » qui incarne, avec sa huilerie, un secteur privé producteur.

Un candidat d’extrême-droite

Mme Hanoune a affiché une piètre estime de la performance de l’entreprise de réalisation Haddad (ETRHB) sans la citer nommément. Une entreprise dont les réalisations, persifle-t-elle, se résument au « stade de Tizi-Ouzou » qui connait des retards ainsi qu’un tronçon de l’autoroute Est-Ouest juste «après Bouira».

Jugeant la qualité des réalisations de l’ETRHB peu probantes, Louisa Hanoune s’étonne de voir qu’au lieu de le sanctionner, on lui donne encore plus de projets. Le secrétaire générale du PT des travailleurs a de nouveau dénoncé une oligarchie qui n’investit pas mais qui compte sur les marchés publics de gré à gré.

Le beurre, l’argent du beurre, la fille de la crémière

Même la règle 51/49% astreignant les investisseurs étrangers à s’associer à des algériens qui détiennent la majorité de l’entreprise (51%) qu’elle a constamment défendue lui parait suspecte. Elle se demande ouvertement si les 51% de la partie algérienne ne sont pas que des « prête-nom de l’oligarchie étrangère »

Le Plan Emergence présenté par le FCE au Premier ministre Abdelmalek Sellal est résumé de manière concise : c’est un projet de société d’un candidat aux élections présidentielles. Un « candidat de l’extrême droite qui donne des garanties à l’oligarchie » précise-t-elle.

Elle observe que le Plan Emergence en question ne dit rien sur le secteur public alors qu’une vingtaine d’entreprises publiques, parmi les plus importantes, sont affiliées au FCE. Elle accuse les «oligarques du FCE » de vouloir la disparition de l’Etat et de chercher à monopoliser l’activité économique du pays.

Pour Louisa Hanoune, l’ouverture des bureaux de représentation à l’étranger de la part du FCE n’est pas anodine mais relève d’une démarche visant à mettre en place une diplomatie parallèle.

Sans surprise, le secrétaire général du PT n’apprécie guère les propositions du FCE au sujet des subventions dont l’application serait tout simplement une incitation à la guerre.

«Ils veulent tout, le beurre, l’argent du beurre, la fille de la crémière et plus que ça » qui n’apprécie pas les cadeaux de la LFC 2015, Louisa Hanoune.

Cabale misogyne

Hanoune a par ailleurs soutenu la ministre de l’Education nationale, Mme Nouria Benghabrit pour les décisions prises « pour améliorer l’enseignement en Algérie » et fustigé une « campagne haineuse » et une « cabale misogyne » contre elle.

Elle estime que ceux qui se taisent sur les avantages économiques accordés à l’oligarchie ne sont pas habilités à donner des leçons de nationalisme à la ministre de l’Education ».

Il n’a jamais été question de la langue arabe, mais « des langues maternelles dans le préscolaire ». Louisa Hanoune, une fois n’est pas coutume, n’a pas hésité à invoquer l’Unesco.

«Ceux qui sont favorables à ce choix, qui est une proposition de l’UNESCO, se basent sur des données scientifiques, et non pas idéologiques, qui tiennent compte du développement de la civilisation humaine »
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Selon Hanoune, Mme Benghabrit a fait des prouesses et a appris la « langue arabe à une vitesse incroyable en l’espace d’une année ».

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