MAGHREB
02/08/2015 07h:11 CET | Actualisé 02/08/2015 08h:31 CET

Turquie: Deux morts et 24 blessés dans une attaque de la rébéllion kurde contre une gendarmerie

Des policiers turcs surveillent le 22 juillet 2015 un immeuble de la ville de Ceylanpinar, prés de la Syrie, après la mort de deux collègues abattus par le PKK
AFP
Des policiers turcs surveillent le 22 juillet 2015 un immeuble de la ville de Ceylanpinar, prés de la Syrie, après la mort de deux collègues abattus par le PKK

INTERNATIONAL - La rébellion kurde a franchi un nouveau palier dimanche en menant un attentat suicide contre une gendarmerie turque, faisant deux morts et 24 blessés, dans un cycle de violences également entretenu par des raids massifs turques contre les bases du PKK en Irak, qui n’épargnent plus les civils.

Selon l’agence gouvernementale Anatolie, un tracteur bourré d’explosifs a été précipité tôt dimanche matin contre les locaux d’une gendarmerie des environs de la ville de Dogubayazit, dans l’est du pays.

C’est la première attaque de ce type signalée depuis que la trêve entre la guérilla et l’armée turque a volé en éclats il y a une dizaine de jours.

Dans une autre attaque attribuée dimanche au PKK, un soldat turc a été tué et quatre ont été blessés lorsqu’une mine a explosé au passage d’un convoi militaire sur une route de la province de Mardin (sud-est).

Depuis le déclenchement le 22 juillet d’attaques quotidiennes par le PKK, au moins 17 membres des forces de l’ordre turques ont été tués et des dizaines d’autres blessés.

L’aviation turque mène de son côté chaque jour des raids massifs contre les positions de la guérilla dans les montagnes du nord de l’Irak, où elle a trouvé refuge depuis des années. Au moins 260 combattants kurdes ont été tués et près de 400 blessés dans ces raids, selon Ankara.

Mais le sort des civils irakiens pris sous les bombardements des F-16 turcs commence à inquiéter. Les autorités de la région autonome du Kurdistan irakien ont fait état samedi de six morts parmi la population locale, des médias prokurdes turcs évoquant pour leur part un "massacre" qui aurait fait 9 tués.

Ce qui a conduit le président de cette région, Massoud Barzani, a réagir en demandant au PKK de partir "pour que les civils ne deviennent pas des victimes de cette guerre".

'Sans discontinuer'

La Turquie affirme avoir pris très au sérieux des informations pouvant lui valoir la réprobation de la communauté internationale et envenimer des relations apaisées avec les dirigeants du Kurdistan irakien, qui ont notamment renforcé les liens économiques avec Ankara.

Le ministère turc des Affaires étrangères a annoncé l’ouverture d’une enquête, en promettant que "les faits seront pleinement vérifiés". Il a assuré que les raids turcs visaient les bases logistiques du PKK, avec des cibles choisies dans des zones où les services de renseignement turcs indiquent qu’il n’y a pas de civils.

Le bureau du Premier ministre Ahmet Davutoglu a néanmoins répété peu après dans un communiqué que "le combat contre les organisations terroristes se poursuivra sans discontinuer".

Le président Recep Tayyip Erdogan a lancé une "guerre contre le terrorisme» visant simultanément le PKK et le groupe Etat islamique (EI), accusé de l’attentat suicide du 20 juillet à Suruç (sud) dans lequel 32 jeunes militants kurdes de Turquie ont trouvé la mort. Cette attaque a mis le feu aux poudres, entraînant des réprésailles immédiates du PKK contre le pouvoir central accusé de ne pas protéger la population kurde.

Une trêve datant de 2013 a ainsi été rompue, dans un conflit qui a déjà fait plus de 40.000 morts en 30 ans.

Les frappes turques se sont jusque-là largement concentrées sur des cibles du PKK, visées par dizaines, alors que seules trois d’entre elles ont été signalées contre des combattants de l’EI en Syrie.

Selon l’agence Anatolie, les raids ont contraint l’état-major du PKK à se séparer en trois groupes, l’un restant dans les monts Kandil en Irak, un deuxième se repliant en Syrie et un troisième en Iran.

Sur le front politique, le parti prokurde turc HDP est la cible de plusieurs enquêtes judiciaires et son jeune leader Selahattin Demirtas a assuré samedi que sa formation était désormais menacée d’interdiction.

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