ALGÉRIE
02/08/2015 09h:43 CET | Actualisé 02/08/2015 09h:50 CET

80 000 rues sans noms en Algérie, le ministère de l'Intérieur veut en finir

Flickr/Graffyc Foto

A l'heure de la livraison à l'aide des drones et de la géolocalisation sur les smartphones sous d'autres cieux, l'Algérie accuse un retard ahurissant en matière de toponymie. En 2015, Beaucoup de rues ne portent toujours pas de noms officiels.

Au total, le ministère de l'Intérieur compte plus de 80 000 rues sans noms à travers le territoire national, rapporte aujourd'hui El Khabar.

Une situation déplorable qui non seulement entrave les nombreuses applications technologiques d'une bonne cartographie mais rend également difficile le travail de la protection civile et des services de sécurité.

“L’Algérie n’a pratiquement pas nommé son espace. Ce sont les gens qui s’en sont chargés, véhiculant parfois des connotations dévalorisantes. Les gens créent eux-mêmes des noms pour s’orienter”, déclarait en novembre dernier à El Watan Brahim Atoui, toponymiste au Centre de recherche en anthroponymie (Crasc).

Mais les autorités publiques ont enfin pris conscience de l'importance d'une bonne toponymie. Le ministère de l'Intérieur a accordé un délai de 3 mois au walis, selon le même quotidien, pour donner des noms de personnages ou de dates historiques aux rues et aux lieux qui n'en portent pas.

Les communes doivent également établir des cartes qui leurs sont propres portant les noms de toutes les rues et quartiers, ajoute la même source, pour permettre aux visiteurs de se déplacer plus facilement.

Le ministère avait entamé il y a trois mois une opération de rebaptisation des rues et des quartiers à travers le pays. Selon les chiffres du département de Noureddine Bedoui, l'étude a atteint un taux d'achèvement de 100% dans 8 wilayas et de 80% dans 22 autres, en attendant sa généralisation au reste du territoire national.

Les efforts de la tutelle suffiront-ils pour mettre la toponymie et la cartographie algérienne aux normes mondiales? Pas si sûr, selon M. Attoui. "“La confusion dans les noms de rue, la terminologie et la mobilité orthographique ne sont plus acceptées par la communauté internationale. Il ne suffit pas de nommer, il faut aussi normaliser”, indiquait-il en novembre.

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