MAGHREB
30/07/2015 08h:34 CET | Actualisé 16/11/2015 09h:21 CET

Tunisie: Le témoignage sans langue de bois d'un membre du Parlement des enfants (VIDÉO)

POLITIQUE - La première séance du Parlement des enfants est passée inaperçue la semaine dernière, éclipsée par les discussions houleuses sur la loi antiterroriste. Pourtant cela valait franchement le détour.

Un reportage de la télévision nationale a été consacré à cet évènement, avec des interview de plusieurs enfants élus pour représenter leurs camarades. Ces derniers ont expliqué leur point de vue sur les réformes à faire en faveur des jeunes de leurs régions et les revendications qu'il comptent porter.

Un témoignage fort

Même si chaque intervention témoigne d'une vision assez mature, l'une d'entre elles, particulièrement forte, est très critique envers le système éducatif et culturel tunisien. Il s'agit de celle de Mohamed Amine Ben Hammouda, l'un des représentants du gouvernorat de Kebili (qui apparait à 14:52 de l'émission "Grands Reportages" sur Wataniya 2).

"D'abord je suis venu ici (à l'Assemblée) pour me divertir. Nous sommes enfin sortis du conflit entre le ministère de l'Education et le syndicat", a-t-il lancé, faisant référence aux grèves des enseignants qui ont ponctué l'année scolaire.

"Je vais dire au ministre de l'Education que la réforme de l'éducation ne se fait pas à partir du bac mais de la première année. Quand vous construisez un mur vous ne commencez pas par le haut. A la ministre de la Femme, je demanderai: pourquoi les droits de l'enfant sont-ils négligés? (...) Celui qui parle se prend une gifle", a-t-il ensuite expliqué.

"Je demande qu'on nous fasse des activités de loisirs pour que l'élève exprime son énergie (...) Même dans les parcs, il n'y a pas de verdure. Il n'y a que des pierres", a-t-il poursuivi.

"Dans le Sud, nous n'avons pas de développement. (Kebili) est un gouvernorat qui n'a même pas de société régionale de transport (...) Dans une grande ville touristique comme Hammamet, ils ont Carthage Land. Nous nous avons un festival une fois par an", a-t-il affirmé.

"Concernant les moyens de loisirs, nous n'avons rien. Quelqu'un qui sort du stress des examens ne va rien trouver à faire. Il restera à la maison à regarder la télé".

Au cours de l'entretien, le jeune garçon essuie régulièrement ses larmes. "Je suis sensible (...) je ne supporte pas l'injustice", a-t-il avoué.

Qu'est-ce que le Parlement des enfants?

Ce n'est pas nouveau. En 2003, le Parlement des enfants a été crée sous l'ancien régime. Après la révolution, le concept a été repris en 2014 avec un nouveau règlement intérieur. Entre le mois d'octobre et le mois de décembre 2014, des élections ont été organisées dans les établissements éducatifs tunisiens. 120 membres du Parlement ont été élus. Fait notable, il y a 70 filles pour 50 garçons âgés de 12 à 16 ans. La moyenne scolaire des candidats ne doit pas être inférieure à 12 sur 20.

parlement enfants

La première séance ordinaire de ce parlement a eu lieu le 23 juillet dernier à Hammamet en présence de Mohamed Ennaceur, président de l'ARP, Néji Jalloul, ministre de l'Education et Samira Meraï, ministre de la Femme et de la Famille.

Selon Mohamed Ennaceur, président de l'ARP, cette assemblée "a pour but principal de permettre aux enfants de participer à la vie publique, de s'habituer à la citoyenneté, à l'engagement et à développer les droits des enfants".

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