MAGHREB
29/07/2015 08h:42 CET | Actualisé 29/07/2015 10h:37 CET

Tunisie: Environ 100.000 arrestations en sept mois, selon le ministère de l'Intérieur

Tunisian police officers stay in the lobby of an hotel where a terrorist attack took place in the coastal town of Sousse, Tunisia, Friday June 26, 2015. A young man unfurled an umbrella and pulled out a Kalashnikov, opening fire on European sunbathers in an attack that killed at least 28 people at a Tunisian beach resort — one of three deadly attacks from Europe to the Middle East on Friday that followed a call to violence by Islamic State extremists. (AP Photo/Leila Khemissi)
ASSOCIATED PRESS
Tunisian police officers stay in the lobby of an hotel where a terrorist attack took place in the coastal town of Sousse, Tunisia, Friday June 26, 2015. A young man unfurled an umbrella and pulled out a Kalashnikov, opening fire on European sunbathers in an attack that killed at least 28 people at a Tunisian beach resort — one of three deadly attacks from Europe to the Middle East on Friday that followed a call to violence by Islamic State extremists. (AP Photo/Leila Khemissi)

POLITIQUE - Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la délinquance, le ministère de l'Intérieur annonce régulièrement avoir arrêté des suspects. Les nombreux communiqués publiés sur sa page Facebook sont systématiquement repris par plusieurs médias, souvent sans possibilité de vérification.

Le ministère de l'Intérieur a ainsi annoncé que 96.168 personnes ont été arrêtées entre le 1er janvier et le 24 juillet 2015.

نشاط وحدات الأمن الوطني في مجال الأمن العام خلال الفترة الممتدة من يوم 01 جانفي إلى 24 جويلية 2015في إطار التصدي للجري...

Posted by Ministère de l'Intérieur - Tunisie on lundi 27 juillet 2015

Ce chiffre, s'il était vrai, signifierait que l'équivalent d'1% de la population tunisienne a été arrêtée en l'espace de sept mois.

Les motifs des arrestations signalées dans le communiqué restent vagues. En plus de quelque 67.156 personnes "recherchées" (sans en préciser les raisons) qui auraient donc été inquiétées par les autorités, des milliers de personnes l'ont été pour "état d'ivresse", nuisance, ou encore "possession, consommation ou trafic de stupéfiants".

En outre, l'Intérieur annonce presque quotidiennement avoir abattu ou arrêté des présumés "terroristes", sans qu'aucune suite ne soit donnée à ces informations. Si certains de ces suspects sont rapidement relâchés, le sort d'une partie des personnes mises en détention reste inconnu, faute de procès.

Selon Amna Guellali, directrice de Human Rights Watch, "une personne peut maintenant, d’après la loi antiterroriste, rester jusqu’à quinze jours dans une espèce de huis clos avec les policiers, avec les personnes qui l’ont arrêtée. Et il n’y a pas de garantie telle que la présence de l’avocat, les visites familiales, etc. Donc il y a des craintes que la torture, qui est déjà pratiquée à une assez large échelle en Tunisie, ne soit encore plus ravivée et ne prenne une ampleur encore nouvelle avec cette nouvelle loi".

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