MAGHREB
29/07/2015 14h:06 CET | Actualisé 29/07/2015 14h:09 CET

Traite des êtres humains: Un bilan mitigé pour la Tunisie, selon le département d'Etat américain

Traite des êtres humains: La Tunisie moins bien classée que le Maroc, mais mieux que l'Algérie
ASSOCIATED PRESS
Traite des êtres humains: La Tunisie moins bien classée que le Maroc, mais mieux que l'Algérie

La jeunesse tunisienne serait sujette à différentes formes de trafic humain. Parmi celles-ci, de nombreuses filles tunisiennes, provenant pour la plupart du Nord-Ouest de la Tunisie, travaillent en tant que domestiques pour des familles riches de Tunis et des principales villes côtières. C'est ce qu'a constaté le Département d'Etat américain dans son dernier rapport sur la traite moderne des humains dans le monde.

Selon ce rapport, des organisations internationales ont également déploré l'augmentation du nombre d'enfants travaillant dans la rue depuis la révolution de 2011 afin de venir en aide à leur famille. Ces enfants de rue sont plus vulnérables au trafic du sexe ainsi qu'au travail forcé. Les forces de sécurité ont rapporté le fait que des gangs organisés forçaient les enfants de rue à servir de voleurs, de mendiants ou encore à transporter de la drogue.

Certaines Tunisiennes auraient aussi été forcées à se prostituer sous la fausse promesse d'un contrat de travail dans des pays tels que le Liban, les Emirats Arabes Unis et la Jordanie.

Enfin, les migrants qui fuient les troubles dans les pays voisins continuent d'être plus vulnérables à la traite d'humains.

La Tunisie, mieux que l'Algérie mais moins bien que le Maroc

La liste des 188 pays présents dans le rapport a été divisée en quatre catégories, nommées "Tier". Et c'est la loi sur la Protection des Victimes de la Traite (TVPA) qui a été utilisée comme critère de base. Cette loi définit une victime de la traite humaine comme une personne amenée à accomplir un travail ou un acte de commerce du sexe par la force, la fraude ou la coercition.

La Tunisie se situe dans le "Tier 2 Watch List", ce qui correspond au troisième groupe et s'apparente aux pays qui ne remplissent pas complètement les standards de la TVPA, mais qui ont tenté de faire des efforts significatifs, quoiqu'insuffisants, en vue de les compléter.

Dans cette catégorie, le nombre de victimes de trafic serait "très significatif" ou en train d'augmenter. Il y a également un échec à fournir encore plus d'efforts pour lutter contre les formes graves de la traite des personnes. Enfin, cette catégorie prend aussi en compte les engagements pris par le pays pour mettre en place des mesures supplémentaires dans les années à venir.

Le Maroc, se situant dans la deuxième catégorie, est mieux loti que la Tunisie. L'Algérie et la Libye sont en bas de l'échelle, dans la dernière catégorie; celle qui considère que les gouvernements ne remplissent pas les standards de base, et ne font aucun efforts pour les remplir.

Alors que l'Egypte, l'Arabie Saoudite et le Qatar se situent dans la même catégorie que la Tunisie (la "Tier 2" à surveiller), l'Iraq, la Jordanie et les Emirats Arabes Unis sont dans la deuxième catégorie, avec le Maroc.

Sans surprise, les pays de la première catégorie se situent majoritairement en Europe et en Amérique du Nord. Ces derniers correspondent aux pays qui complètent tous les standards minimums de la TVPA.

Pour la troisième année consécutive, la Tunisie est classée dans la même catégorie. En effet, malgré les efforts fournis par le gouvernement, les standards minimum ne sont pas respectés. Le rapport évoque le fait que le Parlement n'ait pas fait passer de projet de loi contre le trafic humain, malgré le fait que certains articles du Code Pénal prennent en compte des éléments qui contribuent à la répression du trafic humain. Le gouvernement tunisien démontre donc peu d'efforts en ce qui concerne le renforcement de la protection des victimes.

Enfin, selon le rapport, la Tunisie aurait enquêté dans 25 cas potentiels de trafic humain en 2014. Le gouvernement a entre autres fait quelques progrès en ce qui concerne l'identification des victimes et les efforts de protection.

La traite des êtres humains est un "terme générique utilisé pour désigner un acte de recrutement, d'hébergement, de transport, de fourniture ou d'obtention d'une personne pour un travail forcé ou des actes sexuels commerciaux grâce à l'utilisation de la force, de la fraude ou de la coercition."

Pour établir son classement, le Département d'Etat des Etats-Unis a récolté les données auprès de divers organismes dans le monde.

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