ALGÉRIE
28/07/2015 11h:34 CET

Washington épingle l'Algérie dans son rapport sur la traite des êtres humains

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Les Etats-Unis ont accusé lundi l'Algérie de ne pas lutter assez contre la traite des êtres humains et d'être un pays de passage, source et destination de femmes et hommes soumis au travail forcé et au trafic sexuel, dans un rapport mondial sur "l'esclavage moderne" dans 188 pays, dressé chaque année par le département d'Etat américain.

L'Algérie, épinglée par ce rapport, devient de plus en plus une destination de l'immigration clandestine et du trafic des humains, indique le Département de John Kerry. Des réseaux criminels qui s'étendent parfois jusqu'en Afrique subsaharienne et en Europe sont impliqués dans le trafic d'êtres humains, ajoute le document.

De nombreux migrants qui entrent de leur plein gré mais illégalement en Algérie pour rejoindre les pays voisins ou l'Europe, incapables de payer les tarifs, se retrouvent endettés envers les passeurs. Les femmes migrantes, ajoute le rapport, peuvent être forcées à se prostituer, à mendier ou à travailler comme domestiques.

Cette situation vaut à l'Algérie d'être classée dans le 3e rang, dans lequel elle figurait déjà depuis 2011, parmi les pays accusés de ne pas respecter les normes internationales requises pour éliminer la traite des êtres humains et de ne pas fournir assez d'efforts en ce sens.

"Le gouvernement n'a pas enquêté vigoureusement et n'a pas engagé des poursuites concernant le trafic sexuel et les crimes de travail forcé. [...] Certains responsables ont même démenti que la traite humaine existe dans le pays", a estimé la diplomatie américaine.

Des pays comme la Syrie, la Libye, le Yémen ou encore le Zimbabwe et la Russie figurent également dans cette catégorie.

La Chine, en revanche, était remontée d'un cran en 2014, au rang 2 "sous surveillance" et y demeure pour 2015.

Cuba, avec laquelle les Etats-Unis viennent de rétablir des relations diplomatiques, est rehaussé aussi cette année au rang 2 "sous surveillance".

"Bataille contre le mal"

D'après l'Organisation internationale du travail (OIT), la traite des êtres humains représente 150 milliards de dollars de bénéfices par an, dont 99 milliards pour l'industrie du sexe.

Les Etats-Unis pensent que plus de 20 millions de personnes en sont victimes et la lutte internationale contre la traite des êtres humains est une priorité de l'administration du président Barack Obama.

"La traite d'humains est une insulte à la dignité humaine et une attaque contre la liberté", a tonné John Kerry, appelant à mener "une bataille contre l'argent, une bataille contre le mal".

Le secrétaire d'Etat, amateur de parallèles historiques, a noté qu'"en 2015, nous sommes confrontés à une version moderne de l'esclavage, quelque chose que nous avons combattu lors de la guerre de Sécession ici dans ce pays".

La plupart des pays occidentaux, ceux d'Europe, les Etats-Unis et l'Australie, mais aussi Israël, Taïwan, le Chili ou l'Arménie, restent en première catégorie, loués pour leur lutte contre la traite des êtres humains et le respect total des normes internationales.

Outre la Malaisie et Cuba, plusieurs autres pays ont été rehaussés d'un cran, comme l'Arabie saoudite, le Maroc, la République démocratique du Congo ou le Kenya et le Portugal.

En revanche, l'Egypte, le Soudan du Sud, le Ghana, le Burundi, le Bélarus et la Slovénie ont chuté d'une place dans cette nomenclature mondiale rendue publique cette année avec plus d'un mois de retard.

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