ALGÉRIE
27/07/2015 11h:35 CET

Dans les camps des réfugiés, des mains syriennes transforment les tentes en art

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Des pinceaux, de la peinture et une large toile, de la taille d'un camp. Pas de couleurs mornes ni de dessins tristes, mais juste de l'art simple. Un soleil, un nuage et un bel espace créent dans chaque tente un monde innocent, ressemblant aux enfants des camps de réfugiés syriens.

Il s'agit d'un projet artistique entamé il y a plus d'un an par une jeune syrienne. Elle a transporté ses dessins des livres de bande dessinée vers les murs de certains camps de réfugiés en Liban et en Turquie.

Diala Borselli a pris avec elle ses outils de dessin afin de donner un air de bonheur aux camps avec ses couleurs. Son projet, entamé à Ersal au Liban, a été une inspiration pour de nombreux enfants afin de dessiner et d'exprimer leurs réflexions.

"L'idée, et l'ambiance qu'elle a créé, ont été rencontrées avec beaucoup d'enthousiasme chez les enfants, car ils y ont trouvé ce qui ressemble à la maison qu'il ont quittée, au jardin où ils jouaient", a déclaré Diala Borselli au Huffington Post Arabi.

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Un ballon survole le pays détruit

D'une composition simple mais d'une signification profonde, le tableau dessiné par l'artiste dernièrement dans un des camps de réfugiés au Liban exprime le quotidien du réfugié syrien. "Il s'agit d'un ballon qui survole un pays dont les traits ont été détruits. Le survol symbolise la personne réfugiée qui n'a plus aucune identité, qui habite une terre qui n'est pas la sienne, et tout ce qui l'entoure est irréel, temporaire, peu importe la durée", a-t-elle indiqué au Huffington Post Arabi à propos de cette oeuvre.

Le travail de Borselli est bénévole, elle n'entend pas en bénéficier financièrement. Il s'agit de son propre projet, entamé sur les pages de Facebook, où elle partageait ce qu'elle ressentait en transformant des pages blanches en travail artistique. Pour elle, les dessins ont "un grand impact, mais le problème réside dans la culture de nos sociétés qui le considère comme un luxe alors qu'ils peut jouer un rôle important dans le soutien des grandes causes".

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Une nouvelle mémoire coloriée

Pour Diala Borselli, la tente est une toile tendue qu'on peut utiliser pour "créer une nouvelle mémoire aux enfants réfugiés et leur permettre d'évader la réalité malheureuse d'un camp". Et d'ajouter: "Il n'y a pas de couleurs dans un camp, même les jeux d'enfants n'ont aucune couleur. Ils ne vont pas à l'école et sont obligés de travailler pour aider leurs familles".

Plus les dessins sont simples, plus ils sont proches des enfants. Cette règle, la jeune syrienne l'emploie dans ses dessins pour permettre aux enfants de s'en inspirer et de les reproduire à leur propre manière. Ils ont même pris part à un de ses projets.

"Au camp Essaâda, au Liban, les enfants ont joué un rôle dans le projet grâce à des idées qu'ils ont exprimé en dessins. Je les ai ensuite appliquées sur les murs et les tissus des tentes", a-t-elle expliqué au Huffington Post Arabi.

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Ce n'est qu'un décor!

L'artiste est soucieuse d'appliquer ses idées sur les tentes transformées en écoles pour les enfants déplacés, afin de les encourager à étudier et les attirer vers les classes en ces moments difficiles qu'ils traversent. Beaucoup de parents ne sont cependant pas d'accord avec cette idée.

"Les adultes qui habitent les camps estiment que les dessins ne sont qu'un décor, une esthétique, sans considérer les différentes dimensions de ce projet, mais les réactions des enfants sont très différentes. Il est clair qu'ils sont touchés par les dessins. Leur yeux brillent quand ils les voient", a-t-elle indiqué.

Diala Borselli n'est pas la seule à peindre sur des tentes de camps de réfugiés, mais les couleurs vives qui égayent ces endroits distinguent son travail, contrairement au projet dans le camp Zaatari, considéré "artistiquement beau, mais il se concentre sur les aspects négatifs et les histoires tristes. Personnellement, l'art est une belle occasion de sortir de l'atmosphère triste que vivent les habitants des camps de réfugiés", a estimé Diala Borselli.

Cet article, traduit de l'arabe, a d'abord été publié sur Huffington Post Arabi.

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