MAGHREB
10/07/2015 10h:07 CET | Actualisé 10/07/2015 15h:52 CET

Tunisie: Près de 5.500 Tunisiens combattraient avec les jihadistes selon des experts de l'ONU

Iraqi Shiite fighters from the Popular Mobilisation units supporting the Iraqi government forces launch rockets towards Islamic State (IS) group positions during clashes on the northern outskirts of the city of Fallujah, west of the capital Baghdad, on July 7, 2015. AFP PHOTO/ AHMAD AL-RUBAYE        (Photo credit should read AHMAD AL-RUBAYE/AFP/Getty Images)
AHMAD AL-RUBAYE via Getty Images
Iraqi Shiite fighters from the Popular Mobilisation units supporting the Iraqi government forces launch rockets towards Islamic State (IS) group positions during clashes on the northern outskirts of the city of Fallujah, west of the capital Baghdad, on July 7, 2015. AFP PHOTO/ AHMAD AL-RUBAYE (Photo credit should read AHMAD AL-RUBAYE/AFP/Getty Images)

Des experts de l'ONU ont appelé vendredi à endiguer le flux de jeunes Tunisiens ralliant des jihadistes à l'étranger, estimant que leur nombre, notamment en Syrie et en Libye, dépassait les 5.500.

"Le nombre de combattants étrangers tunisiens est l'un des plus élevés parmi ceux qui voyagent pour rejoindre les conflits à l'étranger tels qu'en Syrie et en Irak", a déclaré dans un communiqué Elzbieta Karska, qui dirige un Groupe de travail des Nations unies sur l'utilisation de mercenaires.

Ce groupe a effectué une visite de huit jours en Tunisie au cours de laquelle il a rencontré "des représentants des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, des universitaires et des représentants d'organisations de la société civile, y compris des familles de personnes ayant rejoint des conflits à l'étranger".

Au cours de cette mission, le groupe a été informé "de la présence de quelque 4.000 Tunisiens en Syrie, 1.000 à 1.500 en Libye, 200 en Irak, 60 au Mali et 50 au Yémen. Les 625 qui sont rentrés d'Irak sont poursuivis en justice", selon le texte.

Le Premier ministre Habib Essid a affirmé dans la nuit de jeudi à vendredi devant le Parlement que 15.000 jeunes Tunisiens avaient été empêchés de rejoindre les jihadistes dans des zones de conflit.

Les autorités tunisiennes avaient précédemment fait état de près de 12.500 départs empêchés et d'environ 500 jeunes revenus en Tunisie et "suivis de près".

"La majorité des Tunisiens qui rejoignent des groupes extrémistes à l'étranger semblent être jeunes, souvent âgés de 18 à 35 ans", selon les experts. "Certains de ces jeunes viennent de milieux socio-économiques défavorables, mais aussi de la classe moyenne et des classes les plus aisées de la société."

Les experts ont appelé le gouvernement "à adopter un plan stratégique national (...) pour répondre à la diversité des profils et des méthodes de recrutement et avoir des effets immédiats, à moyen et long terme, tout en veillant à l'équilibre entre les mesures punitives et sociales et s'assurant de l'adoption des standards internationaux en matière de droits de l'Homme".

Dans un communiqué vendredi, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a jugé que si les autorités tunisiennes avaient de "bonnes raisons d'empêcher des citoyens de s'impliquer dans des activités criminelles en Syrie ou ailleurs", "empêcher tous les voyages de Tunisiens uniquement en raison de leur âge est une approche dont la vaste portée est injuste et arbitraire".

Car depuis l'attentat du 26 juin, a dénoncé l'organisation, "la police aéroportuaire de Tunis a empêché un nombre croissant de Tunisiens de moins de 35 ans de voyager vers certains pays sans autorisation légale de leur père".

HRW dit avoir rencontré le secrétaire d'Etat à la sûreté nationale Rafik Chelly, "qui a confirmé l'ordre donné par le inistère à toutes les polices des frontières, exigeant une autorisation parentale pour permettre à tout citoyen de moins de 35 ans de se rendre en Turquie, au Maroc, en Algérie ou en Libye".

Or "bloquer des citoyens à l'aéroport, sans ordonnance d'un procureur ou d'un tribunal, est une pratique arbitraire qui viole le droit tunisien et le droit international", selon HRW.

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