MAROC
07/07/2015 15h:35 CET | Actualisé 08/07/2015 06h:16 CET

Manifestations pour les libertés individuelles: Un bilan en demi-teinte (INTERVIEW)

Manifestation pour les libertés individuelles: Un bilan en demi-teinte (INTERVIEW)
Tam Tazi/Facebook
Manifestation pour les libertés individuelles: Un bilan en demi-teinte (INTERVIEW)

MOBILISATION - "Mon Maroc est tolérance, respectueux de nos différences", "la féminité n’a jamais tué personne. L’extrémisme, si!"… Tels étaient les slogans brandis par les quelques centaines de manifestants rassemblés, lundi 6 juillet, à Casablanca, Rabat et Tanger, pour la défense des libertés individuelles.

Malgré les multiples appels à la mobilisation lancés sur Facebook une semaine après les premières manifestations de soutien aux jeunes filles arrêtées pour avoir porté une jupe, le mouvement s’est quelque peu essoufflé. Le HuffPost Maroc fait le bilan de la manifestation avec Mehdi Alioua, sociologue.

HuffPost Maroc: Vous étiez à Rabat hier pour défendre les libertés individuelles. Quel bilan faites-vous de cette manifestation?

Mehdi Alioua: Commençons par ce qui est positif. Pour une manifestation spontanée, sans véritable leader, elle a permis de mobiliser plusieurs milliers de personnes dans plusieurs villes, autour de différentes causes (droits des femmes, minorités sexuelles, etc.). Néanmoins, beaucoup de personnes qui étaient venues dimanche dernier ne sont pas revenues hier. Il y avait aussi moins de partis politiques s’affichant comme tels. Plusieurs associations de défense des droits humains ne sont venues, ou alors quelques membres, de manière individuelle. Les manifestants étaient également plus âgés, et surtout de classe aisée. Ce qui est dommage, c’est qu’il ne faut pas que l’on donne l’image d’une seule catégorie sociale qui aurait le droit de bénéficier de ces libertés individuelles pour lesquelles on lutte.

Quel rôle les associations et la société civile ont-elles à jouer dans la défense de ces libertés?

Elles seules peuvent permettre de faire avancer les choses, même si le processus sera long. Elles ont un rôle d’exemplarité à donner, elles peuvent pousser les gens à se positionner, à prendre conscience des atteintes aux libertés. J’ai remarqué aussi la présence d’étrangers, ou de Marocains de confession juive. C’est important que toutes les minorités soient représentées. Car si certaines sont menacées à un moment, comme les homosexuels, au nom de la vertu et de la bienséance, cela peut se retourner vers toutes les autres minorités.

On peut reprocher à ces manifestations spontanées un manque d'organisation et de participation. Comment faire en sorte que le mouvement ne s'essouffle pas, qu’il fédère plus?

C’est difficile, à partir du moment où il n’y a pas de vraie structure qui prenne le mouvement en charge. Un mouvement spontané pourra fonctionner s’il y a du monde, mais il aura des difficultés à perdurer sans collectif derrière.

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