MAGHREB
06/07/2015 13h:33 CET

Tunisie: Un syndicat pro-islamiste appelle à la réouverture des mosquées fermées pour "incitation au terrorisme"

Tunisian activists stage a protest outside the El Fateh mosque surrounded by police, in support of a hardline Muslim, known as Abu Yadh, in Tunis Monday, Sept. 17, 2012. The Salafi retreated inside with dozens of supporters after a fiery denunciation of the Tunisian government. Police surrounded the mosque but did not enter. The flag with islamic inscriptions in Arabic reads : "No God but Allah, and Mohammed is his prophet". (AP Photo/Hassene Dridi)
ASSOCIATED PRESS
Tunisian activists stage a protest outside the El Fateh mosque surrounded by police, in support of a hardline Muslim, known as Abu Yadh, in Tunis Monday, Sept. 17, 2012. The Salafi retreated inside with dozens of supporters after a fiery denunciation of the Tunisian government. Police surrounded the mosque but did not enter. The flag with islamic inscriptions in Arabic reads : "No God but Allah, and Mohammed is his prophet". (AP Photo/Hassene Dridi)

L'Organisation tunisienne du Travail (OTT), un syndicat pro-islamiste a appelé lundi les autorités à rouvrir les mosquées fermées par les autorités tunisiennes pour "incitation au terrorisme" après l'attentat contre un hôtel ayant coûté la vie à 38 touristes.

L'OTT a réclamé aussi le retour des imams limogés qui faisaient leurs prêches sans une autorisation du ministère des Affaires religieuses.

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"Les imams visés sont des membres du l'OTT et c'est notre devoir de les défendre (...), nous réclamons leur retour (aux mosquées) et la réouverture des mosquées qui ont été fermées", a déclaré au cours d'une conférence de presse Lassaad Abid, secrétaire général de ce syndicat.

Ce syndicat a dans un premier temps appelé ses adhérents à un rassemblement le 8 juillet devant le ministère des Affaires religieuses pour protester contre la fermeture de mosquées et le limogeage d'imams. Mais compte tenu de l'état d'urgence décrété samedi dans le pays, ce rassemblement a été annulé, selon le secrétaire général de l'OTT.

A la suite de l'attentat de Port El Kantaoui (centre) le 26 juin qui a fait 38 morts dans un hôtel et sur une plage par un Tunisien de 23 ans, le chef du gouvernement Habib Essid a décidé la fermeture de 80 mosquées qui "ne sont pas sous contrôle de l'Etat" et qui sont soupçonnées d'"inciter au terrorisme".

Contacté par l'AFP, le ministère des Affaires religieuses a affirmé ne pas avoir le nombre exact des moquées fermées jusqu'à ce jour.

"Dire que le terrorisme est collé aux mosquées est une exagération", a dit de son côté Noureddine Khadmi, un ancien ministre des Affaires religieuses et imam d'une mosquée au centre de Tunis.

Et dire aussi que des mosquées ne sont pas sous contrôle de l'Etat est "une atteinte au prestige de l'Etat", a ajouté cet ex-ministre.

Un prédicateur controversé, Béchir Ben Hassen, a considéré lors de cette conférence de presse, que son récent limogeage par les autorités était "une sorte d'accusation de terrorisme".

Et en raison des "dangers menaçant le pays", le président Béji Caïd Essebsi a décrété samedi l'état d'urgence sur tout le territoire tunisien pour 30 jours.

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