ALGÉRIE
06/07/2015 04h:15 CET | Actualisé 06/07/2015 04h:15 CET

Nucléaire: l'Iran et les grandes puissances à l'heure de vérité

AFP

Les ministres des grandes puissances et de l'Iran se retrouvent lundi à Vienne pour les dernières heures de la négociation en vue d'un accord historique sur le nucléaire iranien, dont l'issue demeure incertaine au terme d'années de discussions.

"D'une certaine façon, cette négociation dure depuis littéralement des années", a rappelé dimanche le secrétaire d'Etat américain John Kerry lors d'une courte déclaration devant le palais viennois abritant les discussions.

"Il est maintenant temps de voir si nous pouvons ou pas conclure un accord", a-t-il lancé.

"Nous avons une chance fabuleuse après douze ans de discussions de résoudre enfin ce conflit... cela enverrait aussi un signal à toute la région", a estimé pour sa part le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier.

Le programme nucléaire iranien a été révélé au début des années 2000 et des négociations ont commencé dès 2003 entre les Européens et l'Iran pour tenter de désamorcer, en vain, ce qui allait devenir l'un des dossiers internationaux les plus sensibles qui soit.

Mais les négociations ont réellement repris avec des rencontres secrètes à partir de 2012 entre diplomates américains et iraniens, et surtout l'arrivée du président iranien Hassan Rohani, élu en 2013 sur la promesse d'en finir avec les sanctions internationales.

Dans la dernière ligne droite, les ministres du P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne), ont clairement convenu de mettre la pression sur les Iraniens.

"Toutes les cartes sont sur la table. La question principale est de savoir si les Iraniens vont accepter de prendre des engagements clairs", a souligné le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

"Le moment est venu", a renchéri la chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini, également arrivée à Vienne dimanche soir.

Arbitrages politiques

Les négociations sont destinées à garantir la nature pacifique du programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions internationales qui frappent le pays.

Aux termes de l'accord recherché, Téhéran, qui a toujours assuré que son programme était de nature strictement civile, accepterait de limiter celui-ci et de le placer sous étroit contrôle international, en échange d'une levée des sanctions qui étranglent son économie depuis une décennie.

Les experts et diplomates planchent jour et nuit sur "un texte de 20 pages avec cinq annexes, au total entre 70 et 80 pages", selon le négociateur iranien Abbas Araghchi.

Les ministres doivent désormais se résoudre à de délicats arbitrages politiques pour trancher les noeuds les plus durs de cette négociation sans précédent.

Ceux-ci sont connus depuis des mois: la durée de l'accord, les modalités et le périmètre des inspections internationales, et le rythme auquel les sanctions seront levées.

Les Iraniens réclament leur levée rapide -le président Hassan Rohani a été élu en 2013 sur cette promesse-, quand le P5+1 insiste sur un processus progressif et réversible au cas où Téhéran ne tiendrait pas ses engagements.

Concernant les vérifications d'une possible dimension militaire (PMD) du programme nucléaire iranien, point clé du dossier, le patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a fait part de "progrès" dans les discussions. M. Amano s'était rendu jeudi à Téhéran, où il avait rencontré le président Hassan Rohani.

L'AIEA, agence onusienne, sera le véritable garant de la mise en oeuvre d'un accord, puisqu'elle est chargée d'inspecter les sites suspects iraniens et de rendre compte au Conseil de sécurité de l'ONU du respect ou non de l'accord par Téhéran. L'agence a annoncé dimanche le départ de deux des adjoints de M. Amano pour l'Iran pour évoquer des points en suspens.

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