ALGÉRIE
05/07/2015 03h:34 CET | Actualisé 05/07/2015 07h:51 CET

Référendum grec: cette carte suffit pour comprendre les arguments de campagne du "oui" et du "non"

REFERENDUM - Ce dimanche 5 juillet, les citoyens grecs sont appelés à participer au référendum proposé par leur gouvernement. A priori, la question est simple. Sont-ils, oui ou non, favorables aux conditions du plan d'aide défini par leurs créanciers? Sauf que dans un référendum, la manière dont est posée la question n'est jamais innocente. Démonstration.

Dans la logique du gouvernement d'Alexis Tspras, la question posée est celle de savoir si les Grecs approuvent un programme de réformes proposés, si ce n'est imposé, par l'Europe de Bruxelles, la BCE et le FMI. Bref, des institutions perçues comme technocratiques, complexes, loin de leurs préoccupations et de leurs problèmes quotidiens. Comme le premier ministre grec l'a dit lors de son allocution télévisée du 1er juillet: voter "non signifie mettre la pression pour un meilleur accord." Oui à l'Europe, mais pas n'importe laquelle.

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Au contraire, l'Allemagne a aussitôt cherché à faire de ce scrutin un référendum d'adhésion. "L'avenir de l'Europe n'a pas en jeu", a-t-elle déclaré le 1er juillet. Sous entendu, la place des Grecs dans l'Europe est le véritable enjeu. La presse allemande a très bien saisi le message. L'hebdomadaire Die Zeit fait campagne dans ce sens cette semaine avec la publication d'une tribune en grec et allemand intitulez "Restez parmi nous".

Ces deux rhétoriques n'ont pas été choisies à la légère. Un coup d'oeil aux principaux référendums en Europe depuis le début des années 2000 montre qu'Alexis Tsipras et Angela Merkel ont bien retenu les leçons du passé:

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Légende: victoire du "non" en rouge et du "oui" en violet pour les pays adhérents ; en jaune, vote en faveur de l'adhésion à l'Union.

Verdict: les pays adhérents ont tendance à voter "non" quand ils sont sollicités sur des questions importantes. Le Danemark et la Suède ont refusé la monnaie unique en 2000 et 2003, l'Irlande a dit non aux Traités de Nice et de Lisbonne en 2001 et 2008, et la France et la Hollande au Traité constitutionnel en 2005.

Quand il s'agit de modifier leurs lois, leur constitution, leur monnaie, bref leur manière de vivre en société, les Européens sont rarement motivés pour suivre les plans de Bruxelles. Seuls l'Espagne et le Luxembourg ont remporté de vrais succès électoraux dans ce domaine en 2005. Deux autres "oui" ont gagné, mais sur des questions de moindre importance. En 2012, l'Irlande a approuvé le pacte budgétaire européen, et le Danemark a voté en 2014 en faveur de l'adhésion à la juridiction unifiée du brevet.

Si ses adhérents font la fine bouche, l'Union européenne fait un carton à l'extérieur. En 2003, neuf pays se sont prononcés sur leur adhésion, tous ont dit oui, parfois avec des scores spectaculaires (91,1% en Lituanie, 92,5% en Slovaquie).

En 2015, la Grèce est à l'image de l'Europe de ces 15 dernières années. Les premiers sondages montrent un peuple tenté de dire non à Bruxelles, mais qui reste profondément attaché à l'euro et l'Europe. On saura dimanche qui d'Alexis Tsipras ou d'Angela Merkel a le mieux fait valoir ses arguments.

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