ALGÉRIE
05/07/2015 10h:47 CET

53e anniversaire de l'indépendance: le bilan et les avertissements du FFS

APS

"Ce n’est pas seulement le Président de la République qui est "malade", "paralysé" et "inaudible" : c’est tout le pays".C'est par cette phrase que résume le Front des Forces socialistes (FFS), la situation de l'Algérie en ce jour de fête.

http://www.ffs-dz.net/?p=4976, le 1er secrétaire du parti Mohamed Nebbou explique que la célébration du 53ème anniversaire de l’indépendance nationale "aurait dû être un moment de communion autour d’un bilan collectif et d’un projet d’avenir commun".

Ce n’est pas le cas, affirme, à juste titre, le responsable du FFS. "Ni bilan collectif. Ni projet d’avenir commun. Ce constat vaut pour les institutions nationales les plus hautes de l’Etat aussi bien que pour la plus petite commune du pays", souligne-t-il encore.

De la prise du pouvoir en 1962 et les mauvais choix de l'indépendance, Mohamed Nebbou en arrive à la "prédation généralisée des années 2000" pour attester que le pays vit une ère de "cacophonie et de la dégénérescence institutionnelle.

Le FFS rappelle qu'il a toujours dénoncé les trop nombreux dysfonctionnements institutionnels. "Du conseil des ministres qui ne se réunit pratiquement jamais, au Parlement considéré comme une simple chambre d’enregistrement sans possibilité de constituer de commissions d’enquête sur les scandales financiers ou sur la situation au Sud ou à Ghardaïa", le premier secrétaire du vieux parti d'opposition énumère les blocages de l'Etat.

Et la dégénérescence ne se limite pas au volet politique. L'économie du pays ne va pas mieux. "L’accaparement frauduleux des richesses nationales a pris une ampleur qui menace directement et indirectement la pérennité de l’Etat. La baisse des revenus de la rente pétrolière, annoncée depuis des années par les experts, est déjà là avec ses conséquences dramatiquement ignorées par un personnel dirigeant trop occupé à faire semblant de diriger un pays devenu ingouvernable dans le cadre du système actuel", note encore le parti de Hocine Aït Ahmed.

"L’alacrité" dont a parlé le président français lors de sa dernière visite à Alger n'est autre que "celle de l’argent de la rente qui coule hors de tout contrôle démocratique et celle des pans de souveraineté nationale qui glissent dans l’informel mafieux ou vers les ingérences extérieures pour une "recolonisation globalisée" à peine déguisée", n'hésite pas à affirmer le premier secrétaire du FFS.

Évoquant le contexte international, le plus vieux parti d'opposition algérien n'a pas omis de souligner la justesse de l'action et des positions de la diplomatie algérienne dans la région.

Chose qui ne l'empêche pas de mettre en garde contre "les limites, internes et externes, qui menacent à tout moment de réduire à néant les efforts accomplis. A l’heure de la globalisation économique, de la globalisation de la communication et de la globalisation du terrorisme, nul ne peut faire l’économie d’un effort de cohérence et de cohésions nationales pour faire face à l’ampleur des bouleversements en cours".

Dans ce sillage, le FFS rappellera que "la violence terroriste a prouvé chez nos voisins ses capacités de destructions barbares. Le terrorisme cible les êtres humains autant qu’il cible les économies nationales, la cohésion sociale et politique, la construction démocratique des états et la paix entre les nations du monde".

Il rappellera aussi les affres des années de sang et rajoute que l'Algérie d'aujourd'hui " n’est ni à l’abri d’une rechute ni un exemple de victoire contre les facteurs de régression politique, de division sociale et de déroute économique".

53 ans après la proclamation de l’Indépendance nationale, conclut le FFS, "l’Algérie est plus que jamais à la croisée des chemins : Ou elle prendra le chemin de la construction d’un consensus national qui préserve les acquis historiques et jette les bases solides d’une volonté nationale souveraine pour faire face aux périls ou elle s’effondrera dans le fracas des divisions mortifères qui ravagent aujourd’hui de nombreux états du monde".

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