MAGHREB
04/07/2015 17h:43 CET | Actualisé 04/07/2015 17h:43 CET

Tunisie: Le président du Conseil islamique révoqué après avoir comparé Youssef Seddik à Salman Rushdie

Youssef Seddik
Facebook/Youssef Seddik
Youssef Seddik

Le gouvernement tunisien a annoncé samedi avoir révoqué le président d'une instance consultative islamique ayant comparé un penseur tunisien à l'écrivain Salman Rushdie, visé en 1989 par une fatwa pour "blasphème".

Abdallah Loussif, le chef du Conseil islamique supérieur, a envoyé une lettre au PDG de la radio publique tunisienne dans laquelle il dénonce le contenu d'une émission du penseur Youssef Seddik, a indiqué vendredi dans un communiqué l'instance de l'audiovisuel tunisien, la Haica.

Dans cette missive dont la Haica dit avoir obtenu une copie, M. Loussif écrit que Youssef Seddik "dévoie" le sens du Coran, estimant que cela rappelait Salman Rushdie.

Le Conseil islamique supérieur est une instance consultative sous tutelle du gouvernement, chargée d'examiner les questions soumises par ce dernier concernant notamment la doctrine musulmane. Il examine également les programmes de formation des imams et prédicateurs.

Le gouvernement a annoncé samedi dans un communiqué avoir relevé le responsable de ses fonctions.

"La lettre contient des accusations dangereuses pouvant avoir de graves conséquences", a par ailleurs expliqué à des radios privées Dhafer Néji, conseiller en communication auprès du chef du gouvernement. "Tout le monde connaît la sensibilité de ce genre de sujets qui peuvent susciter la sédition".

M. Loussif a "outrepassé ses prérogatives", a-t-il ajouté.

Le Britannique d'origine indienne Salman Rushdie est l'auteur du roman "Les Versets sataniques" qui lui a valu une fatwa émise par l'ayatollah Khomeiny en 1989 demandant sa mort pour "propos blasphématoires" envers l'islam. Le romancier a été obligé de vivre une dizaine d'années dans la clandestinité.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.