MAGHREB
03/07/2015 14h:53 CET | Actualisé 03/07/2015 14h:54 CET

Attentat en Tunisie - La police a été trop lente à réagir, avoue Habib Essid à la BBC

Tunisian Prime Minister Habib Essid, 2nd left, observes a one minute's silence near the Imperial Marhaba hotel in the Mediterranean resort town of Sousse, to honor the victims of a deadly beach attack a week ago that killed 38 people, Friday, July 3, 2015. Eight people are in custody in Tunisia, suspected of having direct links to a deadly beach attack that killed 38 people, but four other possible suspects have been released, a minister said Thursday. (AP Photo/Hassene Dridi)
ASSOCIATED PRESS
Tunisian Prime Minister Habib Essid, 2nd left, observes a one minute's silence near the Imperial Marhaba hotel in the Mediterranean resort town of Sousse, to honor the victims of a deadly beach attack a week ago that killed 38 people, Friday, July 3, 2015. Eight people are in custody in Tunisia, suspected of having direct links to a deadly beach attack that killed 38 people, but four other possible suspects have been released, a minister said Thursday. (AP Photo/Hassene Dridi)

Le Premier ministre tunisien Habib Essid a reconnu vendredi dans une interview à la BBC que la police avait été trop lente à intervenir lors de l'attentat sanglant dans un hôtel en bord de mer la semaine dernière.

"Le temps de la réaction - là est le problème", a dit M. Essid, ajoutant que la police avait été "bloquée partout", sans plus de précision.

"Nous sommes vraiment désolés pour ce qui s'est passé", a-t-il aussi dit.

Les 38 touristes tués "étaient nos invités. Ils étaient venus passer leurs vacances avec nous mais ce qui s'est passé est une horreur inacceptable", a-t-il ajouté.

Il y a une semaine jour pour jour, le 26 juin, un jeune homme armé d'une kalachnikov, identifié par les autorités comme un étudiant nommé Seifeddine Rezgui, avait ouvert le feu sur une plage de Port El Kantaoui, près de Sousse.

Alors que les autorités tunisiennes avaient indiqué dans un premier temps que la police avait réagi rapidement après le début de l'attaque, plusieurs témoins assuraient au contraire qu'au moins 30 à 45 minutes s'étaient écoulées avant que les forces de l'ordre n'interviennent.

D'autres témoins ont affirmé que les premiers agents arrivés sur les lieux du massacre auraient refusé d'intervenir et l'arme de l'un d'entre eux aurait même été récupérée par un citoyen.

Les critiques concernant de possibles failles dans le dispositif de sécurité mis en place par la Tunisie se sont multipliées depuis l'attentat. Rached Ghannouchi, président d'Ennahdha, parti islamiste appartenant à la coalition gouvernementale menée par Nida Tounes, avait évoqué certains "manquements" et appelé le gouvernement à "se remettre en question".

"Le système n'est pas parfait", a également concédé le Président tunisien Béji Caïd Essebsi sans toutefois reconnaitre l'existence de défaillances. "S'il y a des défaillances, des sanctions seront prises immédiatement", a-t-il dit.

Trente-huit touristes étrangers, dont 30 Britanniques, ont été tués dans l'attaque et 39 personnes blessées.

Le gouvernement tunisien a affirmé avoir renforcé le dispositif sécuritaire en déployant quelque 1300 agents supplémentaires le long des côtes tunisiennes, dans les zones touristiques, à partir du 1er juillet.

Ce renfort sécuritaire se faisait encore attendre mercredi soir, provoquant la colère du ministre de l'Intérieur.

Une minute de silence en hommage aux victimes a été observée vendredi en présence d'Habib Essid et de plusieurs ministres sur les lieux du massacre. Au même moment, à 12h pile locales, le Royaume-Uni s'est immobilisé, et les drapeaux étaient en berne.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.