MAROC
03/07/2015 12h:02 CET | Actualisé 03/07/2015 12h:06 CET

Les très petites entreprises (TPE) marocaines traversent une mauvaise passe

ÉTUDE - La petite entreprise qui ne connaît pas la crise, c'est un mythe au Maroc. C’est ce que révèle une enquête réalisée par Inforisk, société spécialisée dans le renseignement commercial sur les sociétés marocaines. D’après l’étude qui vient d'être publiée, au royaume, 1 très petite entreprise (TPE) sur 4 est dans une situation très difficile et près d’une TPE sur 10 dans une situation critique.

L’enquête, qui présente l’évolution de différentes variables entre 2010 et 2013, indique que le chiffre d’affaires (CA) ainsi que la rentabilité des TPE n’a cessé de s’étioler sur cette période. Entre 2011 et 2013, leur CA (moyenne sur les TPE sondées) a baissé de 11%. En 2013, les très petites entreprises ont été deux fois moins rentables qu’en 2010.

Évolution de la rentabilité des TPE entre 2010 et 2013

Pourquoi les TPE marocaines font-elles grise mine ? Le premier élément de réponse concerne les délais de paiements. “Aujourd’hui une grande entreprise a un délai-clients (délai dont dispose le client pour s’acquitter de la facture, ndlr) de 90 jours. La TPE, c’est 263 jours” précise Amine Diouri, responsable études PME chez Inforisk. Le délai-fournisseurs n’étant lui que de 227 jours, les TPE se retrouvent avec un besoin de fonds de roulement conséquent, et en manque de trésorerie.

Évolution des délais de paiement (des fournisseurs et clients des TPE) entre 2010 et 2013

“Les TPE cherchent d’abord à faire du chiffre d’affaires”, ajoute Amine Diouri, et n'ont souvent pas d’autres choix que d’accepter un paiement différé.

L’enquête indique que face à des banques souvent réticentes à accorder des crédits à des petites entreprises qui ne peuvent pas apporter suffisamment de garanties, les TPE mobilisent régulièrement des fonds propres (capitaux propres et comptes courants d’associés). En 2013, ces fonds représentaient plus de 67% du financement du besoin de trésorerie.

Si les TPE ne participent qu’à hauteur de 4% dans le CA cumulé des entreprises marocaines, elles forment d’après Inforisk plus de 80% du tissu économique du pays. Contrairement aux très grandes entreprises, elles doivent faire face à une masse salariale budgétivore. En 2013, les charges de personnel représentaient 27% des dépenses des TPE. En augmentant de 3 points de 2010 à 2013, ces charges ont participé à précipiter l’actuelle agonie d’une TPE marocaine sur 3.

Principaux postes de charges en % du CA des TPE en 2013

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