MAGHREB
03/07/2015 13h:33 CET | Actualisé 03/07/2015 13h:34 CET

Biographie: Le Tunisien, Abou Iyadh, vétéran d'Al-Qaïda qui aurait été tué en Libye

AFP

Le fondateur du principal groupe jihadiste tunisien Abou Iyadh, qui aurait été tué le mois dernier en Libye par une frappe américaine, est un vétéran d'Al-Qaïda en Afghanistan dont le groupe est classé "terroriste" en Tunisie et aux Etats-Unis.

De son vrai nom Seifallah Ben Hassine, le chef d'Ansar Asharia assurait considérer la Tunisie comme une terre de prédication et non de jihad, mais son groupe est accusé de plusieurs actes de violence dans le pays.

Selon le quotidien américain New York Times, Abou Iyadh a été tué dans une frappe américaine le mois dernier dans l'est de la Libye. Vendredi, le ministère tunisien de l'Intérieur n'était pas en mesure de démentir ou de confirmer sa mort.

Libéré trois mois après la révolution de 2011 dans le cadre d'une amnistie générale, il fonde Ansar Asharia, d'abord toléré sous le règne du gouvernement islamiste.

Abou Iyadh, 49 ans, est notamment accusé d'avoir organisé l'attaque par des membres de son groupe de l'ambassade des Etats-Unis à Tunis en septembre 2012.

Il était en fuite depuis, probablement en Libye.

En août 2013, le gouvernement dirigé à l'époque par le parti islamiste Ennahdha accuse Ansar Asharia d'être lié à Al-Qaïda et d'avoir orchestré les assassinats en février et juillet de la même année de l'opposant Chokri Belaïd et du député Mohamed Brahmi, ainsi que des attaques contre les forces tunisiennes.

Le directeur de la sûreté nationale tunisienne à l'époque, Mustapha Ben Kamel, assure qu'Abou Iyadh veut "provoquer un chaos politique et un vide sécuritaire dans le pays puis s'accaparer du pouvoir par la force des armes (...) et annoncer le premier émirat islamique dans l'Afrique du Nord".

En 2014, Abou Iyadh est classé "terroriste international" par Washington.

Ce cofondateur en 2000 du Groupe combattant tunisien en Afghanistan avait fait allégeance à Oussama Ben Laden.

C'est ce même groupe qui a organisé l'attentat suicide, exécuté par de faux journalistes à l'aide d'une caméra piégée, qui a tué le commandant Massoud, chef de la résistance aux talibans, le 9 septembre 2001, deux jours avant les attentats contre les tours jumelles et le Pentagone aux Etats-Unis.

Seifallah Ben Hassine, natif de Menzel Bourguiba, dans le nord de la Tunisie, avait débuté son engagement dans les années 1980 dans le Mouvement de la tendance islamique, qui est devenu Ennahda, le parti arrivé au pouvoir dans la foulée de la révolution de 2011.

Arrêté en Turquie en 2003, il a été extradé vers la Tunisie où il a été condamné par un tribunal militaire à 43 ans de prison.

En 2012, alors qu'il était recherché après l'attaque contre l'ambassade américaine, il avait nargué la police en prêchant dans une mosquée du centre de Tunis. Malgré les forces de sécurité déployées en nombre devant la mosquée Al-Fatah, il avait échappé à la police en étant exfiltré par ses partisans, noyé dans une foule compacte de partisans qui a quitté soudainement le lieu de culte.

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