ALGÉRIE
02/07/2015 13h:22 CET | Actualisé 02/07/2015 13h:32 CET

Terrorisme, salafisme et éradication: la Tunisie et l'Egypte à l'aune de "l'exemple" algérien (VIDÉO)

A hooded Tunisian police officer patrols  ahead of the visit of top security officials of Britain, France, Germany and Belgium at the scene of Friday's shooting attack in front of the Imperial Marhaba hotel in the Mediterranean resort of Sousse, Tunisa, Monday, June 29, 2015. The top security officials of Britain, France, Germany and Belgium are paying homage to the people killed in the terrorist attack on Friday. (AP Photo/Abdeljalil Bounhar)
ASSOCIATED PRESS
A hooded Tunisian police officer patrols ahead of the visit of top security officials of Britain, France, Germany and Belgium at the scene of Friday's shooting attack in front of the Imperial Marhaba hotel in the Mediterranean resort of Sousse, Tunisa, Monday, June 29, 2015. The top security officials of Britain, France, Germany and Belgium are paying homage to the people killed in the terrorist attack on Friday. (AP Photo/Abdeljalil Bounhar)

Frappée de nouveau au cœur, la Tunisie demeure cependant soudée autour de la démocratie et unie contre le terrorisme, analyse le Café presse politique, l’émission hebdomadaire de Radio M, ce jeudi 2 juillet. Une voie plus vertueuse que celle de l’Egypte qui s’enfonce dans la violence dans sa lutte contre les islamistes. Mais l’attentat de Sousse a mis en évidence des failles sécuritaires urgentes qu'il convient de traiter relève aussi le CPP.

La société politique tunisienne, que ce soit les libéraux ou les islamistes, se montre unie."Il y a peut-être des réactions éradicatrices sur les marges mais sur le fond, le consensus anti-terroriste est établi", souligne Saïd Djaafer, directeur du Huffington Post Algérie.

Cette ligne politique de fermeté face aux islamistes est suivie depuis le départ de Ben Ali, "indépendamment des gouvernements et des présidents, y compris quand Ennahdha était au gouvernement", ajoute le journaliste indépendant Abed Charef.

A la différence du Maroc qui vient de passer une loi anti-terroriste alourdissant un arsenal assez répressif, "la Tunisie essaye de se mouvoir dans le cadre de ce consensus national qui a été trouvé et qui pour l’instant maintient ce rêve de transition", poursuit Addlène Meddi, rédacteur en chef d’El Watan week-end.

Vue de l’Algérie, qui a vécu les années 90, cette ligne de fond semble une "démarche très sereine, très posée", conclut Abed Charef.

Défaillance sécuritaire

Malgré ce processus intégrateur d’ouverture démocratique, la Tunisie a été touchée par le terrorisme, relève Ihsane El Kadi, directeur d’Interface Médias qui pointe d’emblée "l’extrême précarité du système sécuritaire tunisien".

"Les plages en Tunisie, c’est comme les champs de pétrole en Algérie. On devrait les surveiller de la même façon", compare-t-il, en ajoutant que les récits de l’attaque sont déroutants: "un homme seul a réussi à casser 25 ans de modèle économique bâti sur le tourisme".

Pour Saïd Djaafer, la conclusion de cette attaque est sans appel: l’appareil sécuritaire ne s’est pas adapté au changement politique.

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Vertu

Même si ses services de sécurité sont défaillants, la Tunisie est politiquement dans une voie plus vertueuse que l’Egypte, poursuit Saïd Djaafer. La différence entre les deux pays est frappante: "En Egypte, après le coup d’Etat, il y a une volonté d’éradiquer le mouvement des Frères musulmans alors que l’intérêt réel de l’Egypte, d’une vraie stabilisation est d’être dans l’inclusion politique et pas dans l’éradication".

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Leçon algérienne

Dès lors, le CPP se demande si les attentats en Tunisie ne risquent-ils pas de mener le pays vers le chemin du courant éradicateur? "L’avantage de la Tunisie est que le débat sur la place de la religion a déjà été posé dans un cadre institutionnel", rappelle Adlène Meddi. "Les choses ont été dites lors des discussions sur la Constitution".

Ce constat l’amène à penser "qu’on n’assistera pas à la même dérive de paradigme qu’en Algérie". D’autant que les Tunisiens ont souvent évoqué l’expérience algérienne dans les débats publics.

Mais cette clairvoyance reste exceptionnelle. Ihsane El Kadi déplore en effet que l’Algérie soit incapable d’exporter son expérience, un échec, pour dire aux autres ce n’est pas la bonne voie à prendre.

"Nous avons vécu dix ans de guerre civile à cause d’un mauvais choix de politique instantanée prise par les militaires, comme en Egypte", souligne-t-il.

L’Algérie elle-même semble avoir oublié cette expérience, affirme Ihsane El Kadi, citant pour exemple la montée du salafisme et les réponses décapantes qui tendent de proclamer la guerre aux islamistes au nom de la société. "C’est ma plus grande inquiétude".

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