MAGHREB
02/07/2015 09h:27 CET | Actualisé 16/11/2015 07h:23 CET

Tunisie: Najem Gharsalli s'emporte après avoir constaté l'absence de renforts armés à Hammamet

Le Ministre de l'intérieur effectue une visite surprise à Hammamet et constate qu'aucune présence policière armée sur les lieux

Posted by Tunis Tribune on mercredi 1 juillet 2015

ATTENTAT EN TUNISIE - Les renforts policiers annoncés par le gouvernement pour sécuriser les plages tunisiennes se font attendre! Najem Gharsalli, ministre de l'Intérieur, l'a constaté lui-même mercredi soir lorsqu'il est allé visiter une plage de Hammamet, sans trouver un renfort armé suffisant pour sécuriser les lieux.

Une vidéo diffusée par la radio Cap FM montre le ministre de l'Intérieur en train de discuter avec un responsable de la sécurité de la région, lors d'une visite:

"On a convenu de la protection des côtes. Où sont les agents censés protéger la côte? Et je les veux armés, où sont ils? Ils sont allés boire un café?", demande Najem Gharsalli, visiblement agacé.

"Il sont sortis pour sécuriser votre visite", répond le responsable.

"Mais ne vous en faites pas pour moi! Protégez plutôt (...) les invités de la Tunisie", s'est alors exclamé le ministre avant d'insister pour voir les agents: "Appelez-les, je ne vais pas quitter, ramenez-les ici!", s'impatiente-t-il.

Juste après l'attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI) qui a coûté la vie à 38 personnes, le gouvernement avait annoncé que la police touristique serait armée - une première selon les autorités - dans le cadre d'un plan "exceptionnel".

"Vous avez eu un grand morceau! Un grand nombre! J'ai fait mon devoir en envoyant presque 1300 agents spécialement dans les endroits touristiques. Quand je trouve une situation pareille, ça ne me plait pas!", poursuit le ministre.

"A partir de 5h ou 6h tous les hôtels recevront des renforts. Inchallah à partir de demain, la situation sera à 100% (sécurisée)", répond alors le responsable.

"Donc demain, nous allons devoir revenir. D'accord, je reviendrai demain dans une voiture banalisée pour voir", conclut Najem Gharsalli.

Ce dialogue entre le ministre et ses subalternes est révélateur d'un état général. La situation était la même mercredi à Carthage, Gammarth ou Sidi Bou Saïd, lieux prisés des touristes dans les environs de Tunis, les policiers supplémentaires promis n'étaient pas arrivés mercredi matin, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les responsables de la sécurité "sont occupés à dispatcher (les renforts), à Hammamet (station balnéaire au sud de Tunis)" et ailleurs, avait assuré Mohamed Ali Aroui, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Les défaillances sécuritaires sont pointées du doigt et les critiques se multiplient depuis l'attaque du Bardo, le 18 mars dernier, qui a coûté la vie à 22 personnes. Les autorités tunisiennes avaient alors avoué l'existence de failles et indiqué que les sites sensibles allaient bénéficier d'une plus forte présence sécuritaire.

Mais trois mois plus tard et à la suite de l'attentat du 26 juin, les mesures annoncées tardent à se mettre en place.

La députée Sayida Ounissi a ainsi dénoncé sur Twitter "un niveau de sécurité du Parlement revenu depuis quelques semaines au niveau pré-attentat de Bardo".

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